Le sage éminent (1), ‘Alā’ al-Dīn ‘Alī (2) ibn Abī al-Ḥazm ibn Nafīs, commenta « le Qānūn » (3) et composa « al-Mūjaz » ainsi que d’autres ouvrages bénéfiques. Il écrivait de mémoire et étudia auprès d’Ibn al-Dakhwār (4). Il mourut en Égypte au mois de Dhū al-Qa‘da.
Le shaykh Badr al-Dīn (5) [Abū] ‘Abd Allāh [Muḥammad] (6), fils du shaykh Jamāl al-Dīn Ibn Mālik le grammairien, est l’auteur d’un commentaire sur « l’Alfiyya » (7) que son père (8) composa. C’est l’un des meilleurs commentaires, riche en enseignements. Il était d’un caractère doux, subtil et vertueux. Il mourut un dimanche, le huitième jour du mois de Muḥarram, et fut enterré le lendemain à Bāb al-Ṣaghīr. Dieu est plus savant.
[Ensuite, commença l’année six cent quatre-vingt-huit]
Cette année-là, la ville de Tripoli fut conquise. Le sultan Qalāwūn arriva avec les armées victorieuses d’Égypte et entra à Damas le treizième jour de Ṣafar. Il repartit ensuite, accompagné de l’armée de Damas et de nombreux volontaires, parmi lesquels le qāḍī Najm al-Dīn al-Ḥanbalī, juge hanbalite, et beaucoup de personnes venues de Jérusalem et d’ailleurs. Ils se mirent en état de siège devant Tripoli (9) le vendredi, premier jour de Rabī‘ al-Awwal, et la bombardèrent violemment avec des mangonneaux, resserrant durement l’étau. Dix-neuf engins de siège furent installés contre la cité. Le mardi quatre de Jumādā al-Ākhira, Tripoli fut prise d’assaut à la quatrième heure du jour : tout le monde y fut tué ou fait prisonnier, nombre d’habitants du port (10) se noyèrent, et les femmes ainsi que les enfants furent réduits en captivité.