Al-Hindī se trouvait présent, en compagnie des juges, du cheikh Tāj ad-Dīn al-Fazārī et de ʿAlam ad-Dīn ad-Duwaydārī (1). La fonction de qāḍī al-quḍāt (juge suprême) du Caire fut confiée à Taqī ad-Dīn ʿAbd ar-Raḥmān ibn Bint al-Aʿazz, en remplacement de Burhān ad-Dīn al-Khaḍr (2) as-Sinjārī. Ce dernier avait occupé ce poste durant un mois, après Ibn al-Khuwayyī. À ce moment, l’ensemble des affaires judiciaires dans tout le pays égyptien se retrouva entre les mains d’Ibn Bint al-Aʿazz (3). Cela eut lieu au début du mois de Ṣafar de cette même année.
Cette année-là également (4), l’on fit venir Sayf ad-Dīn as-Sāmarī (5) depuis Damas jusqu’en Égypte pour qu’on lui achète un « quart de Ḥazarmā » (6), lequel il avait acquis auprès de la fille du roi al-Malik al-Ashraf Mūsā. Il déclara alors qu’il l’avait transformé en waqf (7). ʿAlam ad-Dīn ash-Shujāʿī fut chargé de cette affaire ; c’était un homme injuste (8), que le roi al-Manṣūr avait désigné pour le représenter en Égypte, et qui cherchait à se rapprocher de lui en amassant des fonds. Intervint alors Nāṣir ad-Dīn Muḥammad ibn ʿAbd ar-Raḥmān al-Maqdisī, qui affirma que as-Sāmarī avait acquis ce bien alors que la fille d’al-Ashraf n’avait pas la capacité juridique, et il fit reconnaître son incapacité auprès de Zayn ad-Dīn ibn Makhlūf (9), lequel était injuste et ignorant. La vente fut donc annulée (10) dans son principe, et l’on imposa à as-Sāmarī un remboursement des revenus accumulés pendant vingt ans, atteignant deux cent mille dirhams (11). On lui préleva en outre une part de la Zunbaqiyya, qui s’élevait à soixante-dix mille (12) plus dix mille supplémentaires, le laissant démuni sur les chemins (13). Ensuite, ils déclarèrent qu’elle était désormais responsable de ses actes et achetèrent auprès d’elle ces parts comme ils l’entendaient. Puis, ils projetèrent de faire venir de Damas, un à un, d’autres personnes pour les mettre à contribution (14), car ils avaient appris que quiconque agit injustement au Shām (Syrie) n’en tire aucun bénéfice, tandis que celui qui agit injustement en Égypte prospère, et la chose se prolongea longtemps.