Un décret fut émis pour la renvoyer à al-Ayki, et il délégua alors Jamâl al-Dīn al-Bâjurbaqî (1) à sa place. Ainsi, al-Bâjurbaqî assuma la fonction le troisième jour du mois de Rajab.
[Parmi les notables décédés cette année] :
• Aḥmad ibn Shaybān (2) ibn Taghlib al-Shaybānī, l’un des vénérables maîtres du ḥadīth ayant une chaîne de transmission (musnad) et jouissant d’une longue vie à Damas. Il mourut au mois de Ṣafar (3) à l’âge de quatre-vingt-huit ans (4) et fut inhumé à Qāsiyūn.
• Le shaykh, l’imām, le savant éminent (5) Jamāl al-Dīn Abū Bakr Muḥammad ibn Aḥmad ibn Muḥammad ibn ‘Abd Allāh ibn Sujman (6) al-Bakrī al-Sharīshī de rite mālikite. Il naquit à Sharīsh (7) en l’an 601 de l’Hégire, puis se rendit en Irak pour y étudier le ḥadīth auprès de divers maîtres, tels qu’al-Qaṭī‘ī (8), Ibn Rūzbah (9), Ibn al-Latī (10) et d’autres. Il se consacra à la recherche et obtint un savoir éminent, devenant l’un des plus distingués de son époque (11). Par la suite, il revint en Égypte et enseigna à l’école al-Fāḍiliyya, puis s’établit à Jérusalem pour servir comme shaykh du ḥaram. Ensuite, il arriva à Damas, où il assura la fonction de maître de ḥadīth à la madrasa (tombe) d’Umm al-Ṣāliḥ, ainsi que la direction du ribāṭ al-Nāṣirī (au flanc de la montagne), sans oublier la fonction de shaykh des Mālikites. Il se vit proposer le poste de juge (qāḍī), mais déclina cette offre.
(1) La traduction de al-Bājirbaqī sera mentionnée dans les décès de l'année 699.
(2) Traduction - Aḥmad ibn Shaybān - en fin du Mirʾāt al-zamān (4/282-283), Tārīkh al-Islām (15/536), al-Iʿlām bi-Wafayāt al-Aʿlām (286), al-ʿIbar (5/351), al-Ishārah (374), al-Wāfī (6/417), al-Dalīl (1/49), al-Nujūm al-Zāhirah (7/370) et al-Shudhurāt (7/681).
(3) A : Les Musnad de Damas, il est décédé au mois de Ṣafar.
(4) Musnad en marge de A.
(5) Traduction - al-Sharīshī - en fin du Mirʾāt al-zamān (4/292-300), Tārīkh al-Islām (15/549), al-Ishārah (374-375), al-ʿIbar (5/354), al-Wāfī (2/131), al-Dalīl al-Shāfī (2/590), al-Durar al-Kāminah (3/351-352), al-Shudhurāt al-Dhahab (7/685), et al-Dībāj al-Mudhahhab (2/325-326).
(6) Dans A : Ṭ: Baḥmān, alors que dans B : Suḥbān, et dans ses sources : Sujmān, ce qui est correct.
(7) Yāqūt a dit que son début ressemble à sa fin, avec une fatha à son début, une kasra à la seconde lettre, puis un double yāʾ souscrit : une grande ville du district de Shadhūnah qui est le centre de ce district, aujourd’hui appelée Shersh. (Muʿjam al-Buldān, 3/340).
(8) Al-Qaṭīʿī : Muḥammad ibn Aḥmad ibn ʿUmar al-Baghdādī, le muhaddith et historien, décédé en 634. (al-ʿIbar, 5/129).
(9) Ibn Rawzbah Abū al-Ḥasan ʿAlī ibn Abī Bakr ibn Rawzbah al-Baghdādī al-Qalānisī al-ʿAṭṭār al-Ṣūfī. A rapporté le ṣaḥīḥ d’Abū al-Waqt à Bagdad et dans d’autres villes, par crainte du siège de Damas contre al-Nāṣir Dāwūd. Décédé en 633. (al-ʿIbar, 5/134).
(10) Ṭ : Ibn al-Laythī ; une altération. Ibn al-Latī est le Musnad al-Waqt Abū al-Munajjā ʿAbdallāh ibn ʿUmar ibn ʿAlī ibn ʿUmar ibn Zayd al-Ḥarīmī al-Qazzāz. Un homme béni, vertueux, et le dernier à avoir transmis le hadith d’al-Baghawī en diffusant largement son hadith en Syrie. Il est décédé à Bagdad en 634. (al-ʿIbar, 5/143).
(11) Par la suite dans B : wa-bunā aqārīnahu (« et ses pairs »).