« N’y approchez pas, même si son parfum se diffuse… ce qui est parmi vous est l’ennemi bleu.
Le maître spirituel (ʿārif) Sharaf al-Dīn (1), Abū ʿAbd Allāh Muḥammad ibn al‑Shaykh ʿUthmān ibn ʿAlī al‑Rūmī, fut enterré dans leur sépulture au pied du mont Qāsiyūn. C’est de chez eux que partirent le shaykh Jamāl al‑Dīn Muḥammad al‑Sāwajī et d’autres personnes. Il adopta la tenue (2) des Jawālqiyya (3) et devint leur shaykh et leur chef.
[Puis arriva l’année cinq et quatre‑vingt après six‑cents (685H)]
Elle commença alors que le calife régnant était Abū al‑ʿAbbās Aḥmad, et que le sultan était al‑Malik al‑Manṣūr (4) Qalāwūn. Son lieutenant en Syrie était l’émir Ḥusām al‑Dīn Lājīn al‑Silḥaddār al‑Manṣūrī. Vers la fin de l’année précédente, l’émir Badr al‑Dīn al‑Ṣawābī assiégeait la ville d’al‑Karak. Des troupes arrivèrent d’Égypte (5) en compagnie de l’émir Ḥusām al‑Dīn Ṭurunṭāy (6) et ils se réunirent pour assiéger al‑Karak. Ils en firent sortir son souverain, le roi al‑Malik al‑Masʿūd Khidr (7), fils d’al‑Malik al‑Ẓāhir, au début de Ṣafar. La bonne nouvelle parvint à Damas, où l’on fit retentir les fanfares (8) pendant trois jours. Ṭurunṭāy retourna ensuite avec le roi Khidr et sa famille (9) en terres égyptiennes, comme l’avait déjà fait son père al‑Malik al‑Ẓāhir avec le roi al‑Mughīth ʿUmar ibn al‑ʿĀdil, ainsi qu’il a été rapporté précédemment (10).
Puis il nomma à al‑Karak un vice‑gouverneur conformément à l’ordre d’al‑Manṣūr, organisa les affaires de la cité et expulsa un certain nombre d’habitants de Karak, qui furent employés à la citadelle de Damas. Lorsque la famille d’al‑Ẓāhir approcha du Caire, al‑Manṣūr alla à leur rencontre, les honora et fut bienveillant (11) à l’égard des deux frères Najm al‑Dīn Khidr et Badr al‑Dīn Sulamish ; il leur permit de chevaucher en compagnie de ses fils ʿAlī et al‑Ashraf Khalīl, et il désigna