Al-Ẓāhir Rukn al-Dīn Baybars al-Bunduqdārī procéda à la conquête autour de Buluṇyāwul Marqiyya (1), une petite localité située au bord de la mer, à proximité d’une forteresse extrêmement solide, hors de portée des flèches et des projectiles de mangonneaux. Il écrivit alors au seigneur de Tripoli pour faire raser cette forteresse, par égard pour le sultan al-Malik al-Manṣūr. De son côté, al-Manṣūr délivra un grand nombre de prisonniers musulmans détenus par les Francs, louange à Dieu. Puis il rentra à Damas, avant de se rendre avec les armées égyptiennes au Caire.
Vers la fin de Jumādā al-Ākhira, al-Manṣūr eut un fils, al-Malik al-Nāṣir Muḥammad ibn Qalāwūn. Cette même année, Muḥyī al-Dīn ibn al-Naḥḥās (2) fut démis de la responsabilité de la supervision de la Grande Mosquée, responsabilité confiée ensuite à ‘Izz al-Dīn ibn Muḥyī al-Dīn ibn al-Zakī. Ibn al-Naḥḥās reçut la charge de vizir en remplacement de l’al-Taqī Tūba al-Tikrītī (3), qui fut convoqué en Égypte, et dont les biens et propriétés furent saisis.
Par ailleurs, Sayf al-Dīn Ṭūghān (4) perdit sa fonction de gouverneur de la cité, remplacé par ‘Izz al-Dīn ibn Abī al-Hayjā’ (5). Parmi les notables décédés cette année-là figure le shaykh ‘Izz al-Dīn Muḥammad ibn ‘Alī ibn Ibrāhīm ibn Shaddād (6), mort au mois de Ṣafar. C’était un érudit renommé, auteur d’un livre intitulé « Sīrat al-Malik al-Ẓāhir », qui portait un grand intérêt à l’Histoire. Qu’Allah lui fasse miséricorde.
Le terme « al-Bunduqdār » (7) fait référence au maître d’al-Malik al-Ẓāhir Baybars, à savoir l’éminent émir ‘Alā’ al-Dīn Aydakīn al-Bunduqdārī al-Ṣāliḥī (8).