Après lui, son fils, le roi al-Muzaffar, accéda au pouvoir en investissant le roi al-Mansur (1) de cette dignité.
Le cadi Jamâl al-Dîn Abû Ya‘qûb Yûsuf ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Umar al-Zawâwî (2) était le cadi suprême (qâdî al-qudât) des malikites, ainsi que leur professeur après le cadi Zayn [ad-Dîn] al-Zawâwî, qui s’était volontairement démis de ses fonctions. Il en avait d’abord été le suppléant, puis assuma la charge du jugement de manière indépendante après son retrait. Il décéda (3) le cinquième jour de Dhû al-Qa‘da alors qu’il était en route vers le Hijâz. C’était un savant éminent, vertueux, peu enclin à l’affectation ni à la prétention. La fonction resta vacante durant trois ans. Après lui, l’enseignement pour les malikites fut assuré par le shaykh Jamâl al-Dîn al-Sharîshî (4), puis par Abû Isḥâq al-Lawrî (5), suivi de Majd al-Dîn Abû Bakr al-Tûnsî (6). Enfin, lorsque le cadi Jamâl al-Dîn ibn Sulaymân (7) arriva pour exercer la magistrature, il enseigna dans les madrasas. Dieu, exalté soit-Il, est plus savant.
[Ensuite vint l’année 684 H.]
Vers la fin du mois de Muḥarram, le roi al-Mansur se rendit à Damas accompagné de ses troupes. Le souverain de Ḥamâ, le roi al-Muzaffar fils d’al-Mansur, vint à sa rencontre (8) avec toutes ses armées et le revêtit d’une tunique royale. Puis le sultan partit annoncer la bonne nouvelle (9) en Égypte et en Syrie, et il fit halte à la forteresse d’al-Marqab, dont Dieu leur permit la conquête un vendredi, le dix-huitième jour de Ṣafar. La nouvelle (10) en parvint alors à Damas : on sonna les cloches de la réjouissance, la ville fut ornée, et les musulmans s’en réjouirent (11). Cette forteresse représentait en effet un grand mal pour eux, et jamais aucun roi de l’Islam (12) n’avait pu la prendre, ni le roi Ṣalâḥ al-Dîn ni le roi