Ibrâhîm al-Hanẓalî a rapporté : « ʿAbd al-Wahhâb ibn ʿAbd al-ʿAzîz nous a transmis, d’après al-Muʿtamir, d’après Layth, d’après Mujâhid, d’après Ibn ʿAbbâs, d’après le Prophète (ﷺ) : “Jésus (– paix sur lui –) passa un jour près d’une ville en ruine et fut émerveillé par ses édifices. Il dit : ‘Ô mon Seigneur, ordonne à cette ville de me répondre.’ Dieu révéla alors à cette cité : ‘Ô ville en ruine, réponds à Jésus.’ La ville s’exclama : ‘Mon bien-aimé, que veux-tu de moi ?’ Il dit : ‘Qu’est devenue ta verdure ? Qu’est devenu le cours de tes fleuves ? Qu’en est-il de tes palais ? Et où sont tes habitants ?’ La ville répondit : ‘Mon bien-aimé, la promesse vraie de ton Seigneur est arrivée : mes arbres ont séché, mes rivières se sont taries, mes palais ont été dévastés et mes habitants sont morts.’ Il dit : ‘Qu’en est-il de leurs biens ?’ Elle répondit : ‘Ils les ont amassés licitement et illicitement, et ils sont maintenant déposés en mon sein. C’est à Dieu qu’appartient l’héritage des cieux et de la terre.’”
Il (Jésus) (– paix sur lui –) s’exclama alors (1) : “Je m’étonne de trois catégories de gens : celui qui recherche la vie d’ici-bas alors que la mort le recherche, celui qui bâtit des palais alors que sa demeure n’est autre que la tombe, et celui qui rit à pleine gorge alors que le Feu lui fait face. Ô fils d’Adam ! Ni l’abondance ne te rassasie, ni la parcimonie ne te satisfait. Tu entasses ta fortune pour qui ne t’en saura nullement gré, et tu te présentes devant un Seigneur qui ne t’excusera point. Tu n’es que l’esclave de ton ventre et de ta convoitise, et ton ventre ne sera rempli qu’au moment où tu entreras dans ta tombe. Quant à toi, ô fils d’Adam, tu verras les biens que tu amasses être pesés dans la balance (2) d’un autre.”
C’est un hadith très étrange, mais qui contient un bel enseignement et nous l’avons consigné pour cette raison.
Sufyân ath-Thawrî a dit, d’après son père, d’après Ibrâhîm at-Taymî : “Jésus (– paix sur lui –) a déclaré : ‘Ô vous, les disciples, placez vos trésors dans le ciel, car le cœur de l’homme se trouve là où est son trésor (3).’”
Thawr ibn Yazîd a rapporté, de la part de ʿAbd al-ʿAzîz ibn Ẓabyân : “Jésus, fils de Marie, a dit : ‘Celui qui reçoit un enseignement, qui sait et qui met en pratique, sera appelé grand dans le Royaume des cieux (4).’”
Abû Kuraib a dit : “Il est rapporté que Jésus (– paix sur lui –) a déclaré : ‘Il n’y a pas de bien dans une science qui ne te fait pas traverser la vallée et ne te fait pas franchir la rive (5).’”
Ibn ʿAsâkir a transmis, selon une chaîne de transmission étrange, d’après Ibn ʿAbbâs, sous forme de hadith élevé (marfûʿ) : “Jésus se leva au milieu des Enfants d’Israël et déclara : ‘Ô vous les disciples ! Ne transmettez pas la sagesse (6) à ceux qui n’en sont pas dignes, de peur de la déshonorer ; et ne la retenez pas non plus de ceux qui la méritent, de peur de les léser. Les affaires se répartissent en trois catégories : une qui est clairement droite, suivez-la ; une qui est manifestement erronée, écartez-vous-en ; et une affaire au sujet de laquelle vous divergez, renvoyez-en la science à Dieu (– Exalté soit-Il –) (7).’”