Parmi les notables décédés cette année figure le cheikh Ṭâlib al-Rifâ‘î (1) à Qaṣr Ḥajjâj (2). Il y jouissait d’une réputation fondée sur un récit bien connu, et certains disciples venaient lui rendre visite ; c’est alors qu’il mourut.
Au cours de la même année, mourut également le juge et imam ‘Izz al-Dîn Abû al-Mafâkhir (3), Muḥammad b. Sharaf al-Dîn ‘Abd al-Qâdir b. ‘Afîf al-Dîn ‘Abd al-Khâliq b. Khalîl al-Anṣârî al-Dimashqî [connu sous le nom d’Ibn al-Ṣâ’igh] (4).
Il exerça la fonction de cadi à Damas à deux reprises. Il fut destitué au profit d’Ibn Khallikân, puis Ibn Khallikân fut à son tour révoqué en sa faveur. Ensuite, il fut de nouveau démis et emprisonné (5). Bahâ’ al-Dîn ibn al-Zakî lui succéda, tandis que lui resta déchu de sa charge jusqu’à son décès, survenu dans son verger le neuvième de Rabî‘ al-Awwal. On pria sur lui à Sûq al-Khayl (6), et il fut enterré au pied du mont Qâsiyûn. Il vit le jour en l’an 628 de l’Hégire. Il était loué pour sa conduite, doué de raison et de finesse, et nourrissait une grande dévotion envers les saints. Il avait entendu et transmis des hadiths, et Ibn Bulbân (7) compila pour lui une Mishyakha que l’on fit lire à Ibn Ja‘wân (8).
Après lui, l’enseignement à l‘Adhrâwiyya (9) fut confié au cheikh Zayn al-Dîn ‘Umar b. Makî b. al-Marḥal (10), qui était agent du Bayt al-Mâl. Quant à son fils, Muḥyî al-Dîn Aḥmad, il enseigna à l‘Amâdiyya ainsi qu’à la zâwiya al-Kalâssa de la Grande Mosquée de Damas, avant de décéder, un mercredi, le huitième de Rajab (11). Dès lors, l’enseignement à l‘Amâdiyya et à l‘Dimâghiyya (12) fut assuré par le cheikh Zayn al-Dîn ibn al-Fâriqî (13).
(1) Notice biographique - al-Rifaʿī - en fin de Mirʾāt al-Zamān (t. 4, pp. 214-215) ; son nom y est : Ṭālib b. ʿAbd Allāh b. Faḍāʾil al-Rifaʿī. Voir également Tārīkh al-Islām (t. 15, p. 495).
(2) Qaṣr al-Ḥajjāj est une localité située à l’extérieur de Bāb al-Jābiya, entre celle-ci et al-Sawīqa. Elle porte ce nom en raison d’un palais (qaṣr) construit là-bas par al-Ḥajjāj b. Yūsuf al-Thaqafī. Voir Ghūṭat Dimashq (t. 2, p. 253) et Maʿālim Dimashq al-Tārīkhiyya (p. 450).
(3) Notice biographique - Ibn al-Ṣāʾigh - en fin de Mirʾāt al-Zamān (t. 4, pp. 232-234) ; Tārīkh al-Islām (t. 15, p. 506) ; al-Iʿlām bi-Wafayāt al-Aʿlām (p. 285) ; al-ʿIbar (t. 5, p. 344) ; al-Ishāra (p. 373) ; al-Wāfī bi-l-Wafayāt (t. 3, p. 269) ; al-Nujūm al-Zāhira (t. 7, p. 364) ; al-Dalīl al-Shāfī (t. 2, p. 638) ; Tārīkh al-Ṣāliḥiyya (pp. 240-241) ; Shuẓarāt al-Dhahab (t. 7, pp. 669-670).
(4) Ce qui est entre les deux pointes (ḥāṣira) dans l’ensemble des sources n’est pas mentionné ; je l’ai complété d’après ses sources.
(5) B : Il s’agit d’Ibn Khallakān une seconde fois, puis il fut destitué et emprisonné.
(6) Suq al-Khayl est au nord-ouest de la citadelle de Damas, proche du marché du foin (Suq al-Tibn) qui existe toujours aujourd’hui et où se vendent fourrages et volailles. Quant au souk des chevaux, il a disparu, mais son emplacement porte encore ce nom bien que sa cour ait été convertie en marché de légumes et fruits. Voir Maʿālim Dimashq al-Tārīkhiyya (p. 306).
(7) T : « Ibn Balbān a entendu ce hadith » ; cela n’est pas authentique, et ce « b » ici désigne (Bachār).
(8) T : Ibn Jafwān ; c’est une altération déjà rencontrée.
(9) T : bi-l-ʿAzrūwiyya ; une déformation. J’ai étudié cela mais le document s’est perdu. Voir al-Dāris (t. 1, p. 373).
(10) Notice biographique d’Ibn al-Marḥal dans Wafayāt, p. 691.
(11) Lamḥī al-Dīn b. al-Ṣāʾigh Aḥmad b. Muḥammad b. ʿAbd al-Qādir, notice en fin de Mirʾāt (t. 4, p. 210).
(12) A : bi-l-Dimāghiyya wa-l-ʿAmāriyya.
(13) Il s’agit de Zayn al-Dīn Abū Muḥammad ʿAbd Allāh b. Marwān b. ʿAbd Allāh al-Fāriqī al-Shāfiʿī, prédicateur de Damas et cheikh de la maison du ḥadīth. Il est décédé en l’année =