À la fin du mois de Chaʿbân, la fonction de juge pour l’Égypte et le Caire fut confiée au cadi Wajîh al-Dîn al-Bahnasî al-Chaféʿî.
Le dimanche sept Ramadan, on inaugura la madrasa al-Jawharîya à Damas, du vivant de son fondateur et bienfaiteur, le cheikh Najm al-Dîn Muḥammad ibn ʿAbbâs ibn Abî al-Makârim al-Tamîmî al-Jawharî (1). Le cadi ḥanafite Ḥusâm al-Dîn al-Râzî (2) y dispensa l’enseignement.
Au matin du samedi vingt-neuf Chaʿbân, le minaret de l’école Abî ʿUmar à Qâsiyûn s’effondra (3) sur l’ancienne mosquée, causant la mort d’un seul individu. Dieu — Exalté soit-Il — préserva le reste des fidèles.
Le dixième jour de Ramadan, une abondante chute de neige et de grêle tomba sur Damas, accompagnée d’un vent violent. La couche atteignit environ une coudée au-dessus du sol, endommageant les légumes et privant nombre de gens de leurs moyens de subsistance.
En Chawwâl, le seigneur de Sindjâr, fuyant les Tatars, arriva à Damas avec sa famille et ses biens, entrant sous la tutelle du sultan (4). Le gouverneur de la ville l’accueillit et l’honora puis l’envoya en Égypte dans la dignité et les égards (5).
Toujours en Chawwâl, un conseil fut tenu au sujet de certains dhimmis parmi les gens du Livre qui s’étaient convertis de force à l’islam et (6) obtinrent de plusieurs muftis un avis stipulant qu’ils avaient été contraints, pouvant ainsi revenir à leur religion. L’acte de contrainte fut établi devant le cadi Jamâl al-Dîn ibn Abî (7) Yaʿqûb al-Mâlikî, si bien que la plupart d’entre eux retournèrent à leur religion et se virent à nouveau imposer la djizya comme avant. Qu’Allah noircisse leurs visages le jour où certains visages s’illumineront et d’autres s’assombriront.
On raconte également qu’une très forte somme leur fut imposée (8). Qu’Allah les couvre d’ignominie.
En Dhû al-Qaʿda, le sultan fit arrêter Aytamush al-Saʿdî et l’enferma dans la citadelle de la Montagne. Son lieutenant à Damas arrêta de même Sayf al-Dîn Balban al-Hârûnî (9) et l’emprisonna dans la citadelle.
Au matin du jeudi vingt-neuf Dhû al-Qaʿda, correspondant au dix mars, les habitants de Damas sortirent à la mouṣallâ pour la prière rogatoire (istisqâʾ), et furent comblés de pluie dix jours plus tard.