Al-Waziri et Badr ad-Dîn, Bîlîk (émir des armements), Aytamush as-Sa‘dî, Husâm ad-Dîn Lajîn, Husâm ad-Dîn Turuntây, ad-Duwaydârî et d’autres de leur rang, lorsqu’ils virent la fermeté du sultan, firent volte-face contre les Tatars et lancèrent de multiples charges résolues. Ils continuèrent ainsi, charge après charge, jusqu’à ce que Dieu, par Sa puissance et Sa force, brisât les Tatars et blessât Mankûtmur. L’émir ‘Îsâ ibn Muhannâ arriva alors de la direction d’al-‘Urd, heurta les Tatars et jeta leurs troupes dans le désordre. La victoire fut complète, louange à Dieu. Les Tatars essuyèrent d’énormes pertes. Or, une partie d’entre eux, qui avait poursuivi les musulmans en déroute, revint pour trouver ses propres compagnons vaincus, tandis que les armées les suivaient de près en massacrant et en capturant. Le sultan demeurait fermement à son poste, sous les bannières et au son des timbales résonnant derrière lui, avec seulement mille cavaliers. Les Tatars, le voyant ainsi, crurent pouvoir le prendre pour cible et l’attaquèrent, mais il tint bon de manière remarquable. Ils s’enfuirent alors devant lui, et le sultan les poursuivit, en tuant la plupart. Ainsi s’acheva la victoire.
La défaite des Tatars survint avant le coucher du soleil. Ils se scindèrent en deux groupes : l’un prit la route de Salamya et du désert, l’autre se dirigea vers Alep et l’Euphrate. Le sultan dépêcha des troupes à leurs trousses, et la nouvelle de cette victoire parvint à Damas le vendredi 15 Rajab : les tambours de l’allégresse retentirent, la ville fut décorée, des flambeaux furent allumés et la population se réjouit. Lorsque vint le samedi, un groupe de fuyards réapparut, parmi lesquels se trouvait Bîlîk an-Nâsirî.