Le tyran, et le seigneur de Hama arriva auprès de lui ; al-Mansour alla lui-même l’accueillir dans son cortège, et il s’installa dans sa demeure à Bâb al-Farâdîs (1).
Au mois de Rabî‘ al-Awwal, la paix fut conclue entre le roi al-Malik al-Mansour Qalâwûn et le roi Sanqar al-Ashqar, selon l’accord suivant : remettre Shayzar au sultan, en échange de quoi Sanqar recevrait Antioche, Kafr Tâb, Shughur Bakâs et d’autres territoires. De plus, il devait maintenir six cents cavaliers sous son autorité. Ils prêtèrent serment sur cet accord et l’on sonna les réjouissances à ce sujet. De la même manière, le seigneur d’al-Karak, al-Malik al-Mas‘ûd (3) Khidr ibn al-Zâhir, passa un accord lui garantissant de conserver ce qu’il possédait (4), et l’on proclama ceci dans l’ensemble des provinces.
Dans les dix premiers jours de ce mois, on imposa à Damas une taxe sur le vin et la fornication, avec un bureau et un surveillant chargé d’en assurer la perception. Un groupe de savants, de pieux et d’ascètes se mobilisa pour faire annuler cette mesure. Elle fut finalement révoquée au bout de vingt jours ; les vins furent jetés, et les peines légales furent appliquées. Louange et grâce à Dieu pour cela.
On destitua Burhân al-Dîn al-Sinjârî (5) de sa charge de vizir en Égypte ; il fut confisqué et humilié (6).
Le dix-neuvième jour de Rabî‘ al-Awwal (7), la khâtûn Banimat (8) Barka Khân, épouse du roi al-Zâhir, arriva avec son fils al-Sa‘îd (9), qu’elle avait transporté depuis le village des Mosquées, près d’al-Karak, afin de l’enterrer auprès de son père dans la turba al-Zâhiriyya. On l’éleva avec des cordes par-dessus le rempart et on l’enterra auprès de son père al-Zâhir (10). Sa mère s’installa dans la demeure du seigneur de Homs, où on lui prépara un lieu de séjour, et l’on célébra les funérailles de son fils le vingt-et-unième jour de Rabî‘ al-Âkhir dans ladite turba, en présence du sultan al-Mansour, des dignitaires de l’État, des lecteurs et des prédicateurs.
À la fin de Rabî‘ al-Âkhir, on destitua al-Taqî ibn Tûbah al-Tikrîtî (12) de la fonction de vizir à Damas, et Taj al-Dîn al-Sanhûrî (13) le remplaça à ce poste.