Al-Ghulāt (1)
Un éclair tomba à Alexandrie et un autre, le même jour, sous le mont Rouge, frappant un rocher et le brûlant. On en recueillit alors du fer qui fut fondu et produisit (2) un certain nombre d’onces selon la mesure du ratl égyptien.
Puis le sultan (3) arriva et s’installa avec ses armées face à Acre. Les Francs en furent saisis d’une grande frayeur et le contactèrent afin de solliciter le renouvellement de la trêve. [En effet, la durée de la trêve précédente était parvenue à son terme. Le sultan resta à cet endroit jusqu’au début de l’année quatre-vingts, année au cours de laquelle la trêve fut conclue, comme il sera précisé plus loin.]
Arriva également l’émir (4) ‘Īsā ibn Muhannā, en provenance des terres d’Irak, pour se mettre au service d’al-Manṣūr (5), tandis que celui-ci se trouvait encore en ce lieu. Le sultan sortit à sa rencontre avec son armée, l’honora et le respecta, faisant preuve de clémence, de pardon et de bienveillance à son égard.
[Parmi les notables qui décédèrent cette année-là figurent :] le grand émir Jamāl al-Dīn (6) Āqūsh al-Shamsī (7), l’un des éminents chefs de l’Islam. C’est lui qui supervisa la mise à mort de Katbughānūyīn, l’un des principaux commandants tatars, et qui exerça l’autorité lors de la bataille de ‘Ayn Jālūt. C’est également lui qui captura Aydamur al-Ẓāhirī à Alep l’année précédente (8). Il y mourut – qu'Allah lui fasse miséricorde –.
Il y eut aussi le décès du vertueux shaykh Dāwūd ibn Ḥātim (9) ibn ‘Umar al-Ḥabbāl, de rite hanbalite (10), qui jouissait de miracles, d’états pieux et de visions authentiques. Originaires de Ḥarrān, sa famille s’était établie à Baalbek, où il rendit l’âme – qu'Allah lui fasse miséricorde – à l’âge de quatre-vingt-seize ans. Le shaykh Quṭb al-Dīn, fils du juriste al-Yūnīnī (11), fit son éloge.