Le vendredi troisième de Jumâdâ al-Âkhira (1), on lut depuis la chaire de la Grande Mosquée de Damas une lettre émanant du sultan, déclarant qu’il avait confié son autorité à son fils ʿAlî (2), auquel fut attribué le titre de « al-Malik aṣ-Ṣāliḥ ». Une fois la lecture de la lettre terminée, des missives (al-barīdiyya) parvinrent pour annoncer le retour des Tatars depuis Alep vers leurs terres, après avoir appris que la parole des musulmans s’était unifiée. Les musulmans s’en réjouirent (3) – louange à Dieu. Al-Manṣūr retourna alors en Égypte, lui qui était déjà arrivé à Gaza (4), désirant alléger la pression sur la Syrie. Il parvint en Égypte à la moitié de Shaʿbān.
Au cours de Jumâdâ al-Âkhira, Burhân ad-Dîn as-Sinjârî (5) fut rétabli au vizirat d’Égypte (6), et Fakhr ad-Dîn Ibn Luqmân (7) reprit la fonction de secrétaire (kâtib al-inshâʾ). Vers la fin de Ramaḍân, Ibn Razîn (8) fut réintégré dans ses fonctions de juge, tandis qu’Ibn Bint al-Aʿazz (9) fut relevé de son poste. Le juge Nafîs ad-Dîn Ibn Shukr al-Mâlikî ainsi que Muʿîn ad-Dîn al-Ḥanafî reprirent également leur charge, et ʿIzz ad-Dîn al-Maqdisî obtint le poste de juge pour les Ḥanbalites.
En Dhû al-Ḥijja, un décret parvint à Ibn Khallikân, l’autorisant à assumer la juridiction d’Alep (10) et à y désigner les suppléants de son choix. Le premier jour de Dhû al-Ḥijja, le roi al-Manṣūr quitta l’Égypte à la tête de ses troupes (11) en direction de la Syrie, plaçant son fils al-Malik aṣ-Ṣāliḥ ʿAlî (12) ibn al-Manṣūr comme régent d’Égypte jusqu’à son retour (13).
Le shaykh Quṭb ad-Dîn (14) rapporta qu’en ce jour de ʿArafa, il tomba en Égypte (15) une grêle de gros diamètre qui détruisit une grande quantité de biens.