Pain d’orge, buvez de l’eau pure et quittez ce monde en étant sains et saufs. En toute vérité, je vous le dis : la douceur de ce bas-monde est amertume pour l’au-delà, et l’amertume de ce bas-monde est douceur pour l’au-delà. Les serviteurs de Dieu ne sont pas des jouisseurs. En vérité, je vous le dis : le pire d’entre vous est le savant qui préfère sa passion à son savoir et souhaiterait que tous les gens soient à son image (1).
Il est rapporté un récit analogue d’après Abou Hourayra (2). Abou Mus‘ab, citant Mâlik, raconte avoir entendu que Jésus disait : « Ô Enfants d’Israël, contentez-vous d’eau pure, de légumes simples et de pain d’orge. Gardez-vous du pain de froment, car vous ne sauriez en rendre grâce comme il se doit » (3).
Ibn Wahb rapporte de Sulaymân ibn Bilâl, d’après Yahyâ ibn Sa‘îd, que Jésus disait : « Traversez ce monde sans le peupler. » Il disait également : « L’amour de ce monde est la racine de toute faute, et le regard sème le désir dans le cœur. » Wuhaïb ibn al-Ward en a rapporté un propos semblable, ajoutant : « Il est des désirs qui lèguent à ceux qui s’y adonnent un chagrin durable » (4).
Selon un propos attribué à Jésus (paix sur lui) : « Ô fils d’Adam, toi qui es faible, crains Dieu où que tu sois, sois un hôte en ce monde, fais des mosquées ta demeure, enseigne à tes yeux les larmes, à ton corps la patience, à ton cœur la réflexion ; ne t’inquiète pas de la subsistance de demain, car cela est un péché » (5). Il aurait aussi dit : « De même que nul parmi vous ne peut bâtir de maison sur les vagues de la mer, ne prenez pas ce monde pour un lieu où vous fixer » (6).
À ce sujet, Sâbiq al-Barbarî (7) a dit (mètre al-basît) :
« Vous avez des demeures au bord des sabres ; or peut-on bâtir
sur l’eau une maison dont la fondation est d’argile ? »
Sufyân al-Thawrî rapporte que Jésus, fils de Marie, a dit : « L’amour de ce monde et l’amour de l’au-delà ne peuvent coexister dans le cœur d’un croyant, pas plus que l’eau et le feu ne sauraient se trouver ensemble dans un même récipient » (8).