Il n’est donc pas étonnant que j’aie vaincu les hommes grâce à elle, puisque je me suis attaché (1) à l’une des cordes de Muhammad — que la prière de Dieu soit sur lui, intercédant à jamais — avec l’âme inspirée par les salutations de paix réitérées.
Ibn al-ʿAwd, surnommé ar-Râfidî (2), Abû al-Qâsim (ibn) (3) al-Ḥusayn ibn al-ʿAwd Najîb ad-Dîn al-Asadî al-Ḥillî, était le shaykh des Chiites, leur imâm et leur érudit, reconnu en tant que tel parmi les siens. Il jouissait de nombreux mérites et participait à de multiples disciplines. Il excellait dans les cercles de discussion et en société, faisant preuve d’esprit raffiné. Il observait une abondante dévotion nocturne et composait également une poésie de grande qualité. Né en l’an 581 de l’Hégire, il mourut au mois de Ramaḍân de la présente année, à quatre-vingt-seize ans. Dieu seul connaît la condition de Ses serviteurs, leurs motivations intimes et leurs intentions.
[Puis débuta l’année 678 de l’Hégire]
Son premier jour tomba un dimanche, et le calife ainsi que le sultan étaient ceux déjà mentionnés pour l’année précédente. Des faits surprenants se produisirent au cours de cette année, car un grand désaccord éclata au sein de tous les royaumes. Les Tatars se divisèrent et combattirent entre eux, causant de nombreuses pertes dans leurs rangs. Les Francs, sur les côtes (4), se querellèrent à leur tour : certains attaquèrent d’autres et s’entretuèrent. Il en alla de même pour ceux qui vivaient à l’intérieur des mers et sur leurs îles : ils se divisèrent et s’affrontèrent.
Les tribus arabes (5) s’entredéchirèrent violemment, se menant de rudes combats. Un conflit éclata aussi parmi le clan des Hawârina (6), et la guerre fit rage entre eux. Par ailleurs (7), des dissensions se produisirent chez les émirs ẓâhirites parce que le sultan al-Malik as-Saʿîd, fils d’al-Ẓâhir, après avoir dépêché l’armée vers Sîs, s’établit à Damas. Il se livra alors aux divertissements et aux plaisirs, passant du temps en compagnie des khâṣṣakiyya, qui acquirent une grande influence