Dans le jardin luxuriant, sous son ciel (1), la fleur perlant de rosée (2) se joue de la lumière du soleil. Et dans la limpidité ondoyante du ruisseau reflété, alors que le vent (3) en a ondulé la surface comme une lime, se manifeste la divine beauté. On la voit dans l’insouciance, la liesse et cette forme d’oubli qui permettent aux hommes dispersés d’accéder à tout dessein. Elle apparaît aussi lorsque l’ivresse (4) gagne toute assemblée riante, agrémentée de fruits disposés (5) avec soin.
On la remarque lors de la réunion (des gens) à chaque vendredi, à chaque fête, et dans l’étalage de parures renouvelées. Elle se trouve dans le scintillement des sabres affûtés lors des combats, tout comme dans la souplesse (6) des hampes de lances. Elle est présente quand les nobles chevaux arabes partent au galop et rivalisent de rapidité avec les vents dans chaque course.
Les manifestations supérieures (7) : On la perçoit dans le soleil qui, juché à la tour de sa lumière (8) sur l’horizon oriental, évoque un miroir d’or. Et dans la pleine lune, celle du firmament à la nuit de sa perfection, exposée dans un ciel semblable à un palais poli. Son éclat se discerne aussi dans les étoiles qui parent la nuit comme un jet de perles éparpillées sur un tapis d’émeraude.
Elle apparaît dans l’averse qui, après la dessiccation de la terre, l’a ressuscitée par sa fraîcheur (9), abreuvant la contrée aride qui succède au pays déjà arrosé. Elle se dévoile dans l’éclair (10) surgissant faiblement au sein de son nuage, évoquant tantôt un sourire, tantôt la lame nue d’une épée (11).
Enfin, dans les manifestations spirituelles (12), il poursuivit en ces termes :