Mon existence s’est manifestée lorsque Son dévoilement s’est révélé à mon for intérieur, dans la joie la plus sincère ou dans un bonheur renouvelé.
Il m’était légitime d’aimer l’existence et ceux qui l’habitent ; mes deux mains se sont alors accrochées pleinement à mon Créateur.
Puis [il entama une poésie amoureuse à laquelle il s’attarda longuement], jusqu’à dire :
« Lorsqu’Il s’est dévoilé à moi en chaque témoin, et qu’Il m’a tenu compagnie par l’allusion en chaque spectacle,
J’ai évité de restreindre la beauté, par noblesse, et j’ai contemplé les mystères de cette beauté éparse.
Mon audition s’est affranchie, puisant ainsi Son principe, et il ne convient pas qu’un tel que moi supporte une écoute limitée.
De chaque chose contemplée, mon cœur tire un témoignage ; et dans tout ce qui s’entend, il perçoit une mélodie sacrée. »
[Il a poursuivi ainsi en décrivant ses visions de la beauté] puis il a dit :
« Je Le vois sous toutes les caractéristiques de la beauté, sans croire en une incarnation qui éloignerait de Lui.
Car en toute taille gracile réside une jeune fille charmante, et en chaque chevelure lisse, une être plein d’élégance.
En tout astre lunaire apparaissant dans la nuit de Ses cheveux, sur toute branche oscillant avec douceur, se devine une forme délicate.
Et lorsque j’étreins toute silhouette svelte, et que je savoure une salive pareille à un nectar rafraîchi…
Dans la perle, le rubis, le parfum et la douceur, en tout œil paisible et finement orné,
Dans les habits raffinés qui charment mon regard, aux motifs dorés et fleuris,
Dans le vin, le basilic, l’ouïe et le chant, et dans le roucoulement modulé du pigeon chanteur,
Dans l’arbre, les rivières, les fleurs et la rosée, et dans tout jardin et palais majestueux. »