« Ô ‘Îsâ, ne prétends-tu pas que tu ne désires rien des biens de ce bas monde ? Voici pourtant cette pierre qui appartient aux biens de ce monde. » Alors il se leva, saisit la pierre, la lui lança et dit : « Ceci est pour toi avec (tout) ce monde » (1).
Muʿtamir ibn Sulaymân rapporta : « ‘Îsâ sortit auprès de ses compagnons, vêtu d’une tunique de laine, d’un manteau et d’un pagne (2), pieds nus, en larmes, échevelé, le teint jauni par la faim et les lèvres desséchées par la soif. Il déclara : “Que la paix soit sur vous, ô Enfants d’Israël ! C’est moi qui ai abaissé la position de ce monde, avec la permission de Dieu, sans orgueil ni vanité. Savez-vous où est ma demeure ?” Ils répondirent : “Où se trouve ta demeure, ô Esprit de Dieu ?” Il dit : “Ma demeure, ce sont les mosquées ; mon parfum, c’est l’eau ; mon condiment, c’est la faim ; ma lampe, c’est la lune durant la nuit ; et je prie en hiver aux endroits où le soleil se lève. Mon parfum est la végétation de la terre ; mon habit est la laine ; ma préoccupation demeure la crainte du Seigneur de puissance ; mes compagnons sont les infirmes (3) et les pauvres. Au matin, je ne possède rien ; le soir, je ne possède rien (4), et je suis serein, sans inquiétude aucune. Qui donc est plus riche et plus considéré que moi ?”» Ibn ʿAsâkir l’a rapporté (5).
Il est également relaté dans la biographie de Muḥammad ibn al-Walîd ibn Abân ibn Ḥayyân Abû al-Ḥasan al-ʿUqaylî al-Miṣrî : « Hâniʾ ibn al-Mutawakkil al-Iskandarânî nous a rapporté, d’après Ḥaywa ibn Shurayḥ, qui a dit : “Al-Walîd ibn Abî al-Walîd m’a informé, d’après Shufayy ibn Mâtiʿ (6), d’après Abû Hurayra, que le Prophète (que la prière et la paix soient sur lui) a dit : ‘Dieu — Exalté soit-Il — révéla à ‘Îsâ : “Ô ‘Îsâ, déplace-toi de lieu en lieu, afin de ne pas être reconnu et maltraité. Par Ma Puissance et Ma Majesté, Je te marierai à mille houris et Je ferai un banquet en ton honneur durant quatre cents ans”’ (7).” »
C’est un ḥadîth jugé singulier dans son élévation (marfûʿ). Il se peut qu’il s’agisse d’une version mawqûf, transmise par Shufayy ibn Mâtiʿ de la part de Kaʿb al-Aḥbâr ou d’un autre personnage parmi les Israélites. Dieu sait mieux.
ʿAbd Allâh ibn al-Mubârak rapporta, d’après Sufyân ibn ʿUyayna, d’après Khalaf ibn Ḥawshab, que ‘Îsâ dit aux ḥawâriyyûn : « De même que les rois vous ont laissé la sagesse, laissez-leur donc ce monde » (8).
Selon Qatâda, ‘Îsâ (paix sur lui) dit : « Interrogez-moi, car j’ai le cœur doux et je me considère moi-même comme insignifiant. »
Et Ismâʿîl ibn ʿAyyaš, d’après ʿAbd Allâh ibn Dînâr, d’après Ibn ʿUmar, déclara : « ‘Îsâ dit aux ḥawâriyyûn : “Mangez…” »