En raison de son décès, Sadr al-Dîn Sulaymân mentionné plus haut mourut au mois de Ramadân. Après lui, la fonction de juge échut à Husâm al-Dîn Abû al-Fadâ’il al-Hasan ibn Anû Shurawân al-Râzî al-Hanafî (1), qui avait déjà exercé le poste de qâdî à Malatya auparavant (2).
Dans les dix premiers jours de Dhû al-Qa‘da, la madrasa an-Najîbiyya fut ouverte. Ibn Khallikân (3) y donna cours lui-même, puis il l’abandonna au profit de son fils Kamâl ad-Dîn Mûsâ. La khânqâh an-Najîbiyya fut également inaugurée ; toutes deux, ainsi que leurs biens de waqf, étaient jusque-là placées sous tutelle.
Le mardi 5 Dhû al-Hijja, le sultan as-Sa‘îd entra dans Damas, que l’on avait ornée pour son arrivée (4). Des pavillons imposants furent dressés à son intention, et les habitants de la ville sortirent l’accueillir, se réjouissant grandement en raison de l’affection qu’ils portaient à son père. Il accomplit la prière de l’‘Îd an-naḥr sur la place du Maydân (5), et les célébrations de la fête eurent lieu dans la citadelle al-Manṣûra. Il nomma comme vizir à Damas aṣ-Ṣāḥib Fatḥ ad-Dîn ‘Abd Allâh ibn al-Qaysarânî, et, en Égypte, après le décès de Bahâ’ ad-Dîn ibn al-Ḥinnâ, aṣ-Ṣāḥib Burhân ad-Dîn al-Khaḍr ibn al-Ḥasan an-Nîjârî.
Durant les dix derniers jours du même mois, le sultan envoya ses armées vers les contrées de Sîs, accompagnées de l’émir Sayf ad-Dîn Qalâwûn aṣ-Ṣâliḥî, tandis que lui-même (6) resta à Damas avec un petit nombre d’émirs, de khâṣkiyya et de personnes de confiance, procédant à de fréquents déplacements à az-Zanbaqiyya (7).
Le mardi 26 Dhû al-Hijja, le sultan (8) tint séance à la Dâr al-‘Adl, à l’intérieur de la porte de Bâb an-Naṣr. Il annula les impôts que son père avait institués sur les vergers des habitants de Damas, si bien que ces derniers prièrent abondamment pour lui et l’aimèrent ardemment pour cet acte (9). En effet, ces taxes avaient lourdement grevé un grand nombre de propriétaires (10), au point que beaucoup auraient préféré se défaire totalement de leurs biens pour y échapper.
La même année, on imposa aux habitants de Damas (11) de verser cinquante (12) mille dinars, prélevés comme redevance sur leurs propriétés pour une durée de deux mois, et recouvrés sous la contrainte et l’oppression (13).