Lorsque fut confiée la magistrature du Šām (la Grande Syrie) à son gouverneur, le Qādī al-quḍāt Abū al-ʿAbbās, l’homme généreux (1), après sept années de dureté, son serviteur déclara : « Cette année, les gens seront secourus par l’abondance. »
Saʿd al-Dīn (2) Ibn Marwān al-Fāriqī (3) dit : [du mètre al-wāfir]
« Tu as fait vivre au Šām sept années de sécheresse, le jour où tu l’as quitté, d’un bel éloignement,
Puis, lorsque tu es revenu de la terre d’Égypte, tu l’as baigné, de tes deux mains, d’un Nil. »
Un autre poète (4) a dit : [du mètre muḫallaʿ al-basīṭ]
« J’ai vu les habitants du Šām, tous ensemble : nul parmi eux n’est insatisfait.
Ils ont reçu le bien après le mal, et le temps s’est épanoui sans contrainte.
Leur tristesse a été compensée par la joie : le destin s’est montré juste dans son arbitrage.
Ils se réjouirent, après un long chagrin, de l’arrivée d’un juge et de la destitution d’un autre.
Et tous, à la fois reconnaissants et plaintifs, évoquent la situation du futur et du passé. »
Al-Yūnīnī (5) rapporta : « Le mercredi treizième de Ṣafar, on inaugura (6) le cours dans la ẓāhiriyya (7), et le vice-sultan Aydamir al-ẓāhiriyya y assista (c’était une leçon bien fréquentée) ; les juges étaient présents. Le professeur de la doctrine šāfiʿite était le šayḫ Rašīd al-Dīn ʿUmar (8) b. Ismāʿīl (9) al-Fāriqī, et le professeur de la doctrine ḥanafite était le šayḫ Ṣadr al-Dīn Sulaymān al-Ḥanafī (10). La construction de l’école n’était pas encore parvenue à son terme (11). »
Au cours du mois de Ǧumāda l-ūlā, Ṣadr al-Dīn Sulaymān mentionné plus haut exerça la fonction de juge ḥanafite à la place de Maǧd al-Dīn Ibn al-ʿAdīm (12).