Il se nourrissait de feuilles d’arbres, sans se réfugier dans une demeure, ni auprès d’une famille ni dans des biens, et il ne mettait rien de côté pour le lendemain. Certains ont rapporté qu’il mangeait grâce au filage de sa mère, que la prière et la paix de Dieu soient sur lui.
Ibn ‘Asakir (1) a rapporté, d’après al-Sha‘bî, qu’il a dit : « Quand on mentionnait l’Heure en présence de Jésus (que la paix soit sur lui), il poussait un cri et disait : “Il ne sied pas au Fils de Marie que l’Heure soit rappelée devant lui”, puis il se taisait. » Quant à ‘Abd al-Malik ibn Sa‘îd ibn Baḥr, il a dit : « Lorsque Jésus entendait une exhortation, il poussait le cri d’une mère endeuillée (2). »
‘Abd al-Razzâq a déclaré : « Ma‘mar nous a informés, Ja‘far ibn Burqân (3) nous a rapporté que Jésus disait : “Ô Dieu, ce matin je ne puis repousser ce que je déteste, ni obtenir ce que j’espère. L’affaire est entre les mains d’un autre que moi, et je suis désormais tributaire de mes actes ; nul n’est plus pauvre que moi. Ô Dieu, ne laisse pas mon ennemi se réjouir de moi, ne cause pas de peine à mon ami à cause de moi, ne fais pas de mon malheur une atteinte à ma religion et ne donne pas pouvoir sur moi à celui qui ne me ferait aucune miséricorde” (4). »
Al-Fuḍayl ibn ‘Iyâḍ a rapporté, d’après Yûnus ibn ‘Ubayd, que Jésus disait : « Nous ne saurons atteindre la réalité de la foi tant que nous nous soucions de savoir qui jouit des biens de ce monde (5)(6). » Al-Fuḍayl a également dit : « Jésus disait : “J’ai médité la création et j’ai trouvé que celui qui n’a pas été créé était, à mes yeux, plus enviable que celui qui est né à l’existence” (7)(8). »
Ishâq ibn Bishr, citant Hishâm ibn Ḥassân, rapporta d’al-Ḥasan que Jésus était le maître des ascètes. Il dirigera les ascètes le Jour (9) de la Résurrection. Et il a dit que ceux qui fuient à cause de leurs péchés seront ressuscités avec Jésus (10) le Jour de la Résurrection.
Il raconta également qu’un jour, Jésus s’était allongé, la tête appuyée sur une pierre, goûtant la douceur du sommeil, lorsqu’Iblîs passa près de lui et lui dit