Lorsqu’il atteignit la quarantaine, il avait déjà mémorisé le Coran et entreprit la lecture du « Tanbîh ». On rapporte qu’il l’acheva en quatre mois et demi, puis il lut le quart consacré aux rites d’adoration (ʿibâdât) dans le « Muhadhdhab » durant le reste de l’année. Ensuite, il demeura auprès des professeurs pour valider et expliquer (1), lisant chaque jour douze leçons auprès d’eux. Par la suite, il se consacra à l’écriture et compila de nombreux ouvrages : certains furent menés à terme, d’autres restèrent inachevés. Parmi ceux qu’il acheva figurent « Sharḥ Muslim », « ar-Rawḍa », « al-Minhāj », « ar-Riyāḍ », « al-Adhkâr », « at-Tibyân », « Taḥrîr at-Tanbîh wa-taṣḥîḥuh » (2), « Tahdhîb al-Asmâʾ wa-lughât » (3), « Ṭabaqât al-fuqahâʾ » (4) et d’autres encore.
Quant aux ouvrages demeurés inachevés, s’ils avaient été complétés, ils n’auraient eu aucun équivalent dans leur domaine. C’est notamment le cas de son « Sharḥ al-Muhadhdhab », qu’il nomma « al-Majmūʿ », dans lequel il s’arrêta au Kitâb ar-Ribâ. Il y fit preuve d’une remarquable originalité, apportant une excellente critique, clarifiant la jurisprudence de l’école et d’autres, tout en traitant le hadith de manière appropriée, ainsi que les termes rares et la langue (5). Il comprenait également divers points importants qu’on ne trouve que dans cette œuvre, dont il voulut faire un recueil de choix (6). Je ne connais pas, parmi les livres de fiqh, d’ouvrage meilleur que celui-ci, bien qu’il nécessite encore de nombreux ajouts et compléments.
Sur le plan de l’ascèse, de la dévotion, de la piété, de la rigueur et du détachement (7) à l’égard des gens, il occupait une position élevée que nul autre juriste ne pouvait égaler. Il jeûnait continuellement (8) et ne prenait jamais deux mets simultanément. La majeure partie de ce dont il se nourrissait lui était apportée par autrui.
(1) A : Jusqu'à ce qu'il lise.
(2) Son nom : « Rawḍat al-Ṭālibīn fī ʿUmdat al-Muftīn », imprimé à Damas à la Maktab al-Islāmī en 12 volumes.
(3) Son nom : « Minhāj al-Ṭālibīn ».
(4) Son nom : « Riyāḍ al-Ṣāliḥīn », qui a connu de nombreuses éditions, la dernière en date étant deux éditions : la première, éditée par le professeur ʿAbd al-ʿAzīz Rubbāḥ et Aḥmad Yūsuf Daqāq, revue par le cheikh Shuʿayb al-ʾArnāʾūṭ, publiée par Dār al-Maʾmūn pour le patrimoine en 1396 H. / 1976, et la seconde, édition de Dār al-Fikr avec la vérification du docteur Aḥmad Rāṭib Ḥammūsh. Par ailleurs, une édition par Dār Ibn Kathīr fut établie par Yūsuf Badyūwī, qui s'est également occupé de l'explication de ses termes rares ; l'étude de cette partie a été réalisée par le vérificateur Riyāḍ ʿAbd al-Ḥamīd Murād.
(5) Son nom : « Talkhīṣ al-Daʿawāt wa-l-Aḏkār al-Mustaḥabba fī al-Layl wa al-Nahār, connu sous le nom al-Aḏkār al-Nawawiyya », imprimé à Damas avec la vérification du cheikh ʿAbd al-Qādir al-ʾArnāʾūṭ, publié par Dār al-Mallāḥ en 1391 H. / 1971, puis réédité avec des ajouts par Dār al-Hudā à Riyad.
(6) Son nom : « Al-Tibyān fī Ādāb Ḥumlāt al-Qurʾān », qui a plusieurs éditions, dont celle de la bibliothèque Dār al-ʿUrūba au Koweït, vérifiée par le cheikh ʿAbd al-Qādir al-ʾArnāʾūṭ, 1409 H / 1988. J'ai eu l'honneur d'en établir les index, louange à Dieu.
(7) Imprimé à Damas à Dār al-Qalam avec la vérification du professeur cheikh ʿAbd al-Ghanī al-Daqqār.
(8) Imprimé en Égypte à l'imprimerie al-Manīriyya et reproduit par Dār al-Kutub al-ʿIlmiyya à Beyrouth.
(9) Publié à Damas, et un autre ouvrage de al-Nawawī intitulé « Fatāwā al-Imām al-Nawawī » a été édité par ʿAlāʾ al-Dīn ʿAlī ibn Ibrāhīm ibn al-ʿAṭṭār al-Dimashqī, qui l'a vérifié, annoté les hadiths, rédigé une introduction et commenté l'ouvrage, le tout par le collègue professeur Maḥmūd al-ʾArnāʾūṭ, que Dieu le préserve.
(10) B : La langue et les termes rares.
(11) A, B : 'Aḍalah (le lien).
(12) A, B : Vigilance, piété et al-injimāʿ.
(13) Le jeûne continu, n'est ni licite ni recommandé, au contraire il est détestable, et il est possible qu'il jeûnât fréquemment. Le jeûne optimal est celui de Dāwūd, qui jeûnait un jour et rompait le jeûne le jour suivant.