Il rénova à maintes reprises et restaura la forteresse de Safad (1) et sa mosquée, ainsi que la mosquée de Ramla et d’autres édifices dans de nombreuses contrées que les Francs [avaient occupées et dont ils avaient détruit les mosquées et les lieux de culte] (2). Il construisit à Alep une demeure imposante et, à Damas, le palais Ablaq et la madrasa al-Zâhiriyya, entre autres constructions. [Il frappa des dirhams et des dinars de bonne facture, entièrement purs, s’appuyant sur la sincérité et les bonnes pratiques en vigueur parmi la population. Que Dieu lui fasse miséricorde] (3).
Il laissa de nombreux monuments et édifices admirables, tels qu’on n’en avait pas bâtis à l’époque des califes et des rois de la dynastie ayyoubide, malgré son engagement dans le jihâd (4) pour la cause de Dieu. Il employa un grand nombre de troupes (5), et près de trois mille Mongols vinrent à lui ; il leur octroya des fiefs et nomma beaucoup d’entre eux à des postes de commandement. Il vivait dans la modération, tant pour son propre habillement et sa nourriture que pour son armée.
C’est lui qui rétablit l’État abbasside après sa disparition, alors que la population était demeurée sans calife pendant près de trois (6) années. Il institua également, pour chaque école de droit (7), un qâdî al-qudât (juge suprême) indépendant. Il était, que Dieu lui fasse miséricorde, vigilant, noble et courageux, ne délaissant jamais l’affrontement contre ses ennemis, de jour comme de nuit ; au contraire, il combattait sans relâche les adversaires de l’islam et de ses fidèles, rassemblant ce qui était dispersé (8) et unifiant les rangs. En somme, Dieu l’établit en ces temps tardifs comme un soutien et une victoire pour l’islam et ses adeptes (9), et comme une épine dans la gorge des renégats, qu’il s’agisse des Francs, des Tatars ou des idolâtres.
Il abolit la consommation de vin et chassa les débauchés (10) des régions. À chaque fois qu’il constatait un mal ou une corruption quelconque, il s’efforçait de l’éradiquer autant qu’il le pouvait. Nous avons relaté, dans le récit de sa vie, des éléments qui témoignent de la sincérité de son intention et de la pureté de son for intérieur. Son secrétaire, Ibn ‘Abd al-Zâhir, lui compila une longue biographie (11), tout comme Ibn Shaddâd.