Il fut le premier (parmi les Hanbalites) à exercer la fonction de juge dans les contrées d’Égypte, en suppléance du cadi Tadj ad-Dîn Ibn Bint al-Aʿazz. Par la suite, Shams ad-Dîn, fils de l’imam al-ʿImâd, fut investi de la magistrature de manière autonome et le désigna (1) comme suppléant. Puis il délaissa cette charge et retourna en Syrie, où il se consacra à l’étude et à l’émission de fatwas, jusqu’à son décès, alors qu’il avait dépassé la soixantaine. Que Dieu lui accorde Sa miséricorde.
[Puis vint l’année six soixante-seize (676) de l’Hégire.]
Cette année-là marqua la mort du sultan al-Malik az-Zâhir Rukn ad-Dîn Baybars, maître des contrées d’Égypte, de Syrie, d’Alep et d’autres encore. Son fils, Nâsir ad-Dîn Abû al-Maʿâlî Muḥammad Baraka Khân, surnommé [al-Malik] as-Saʿîd, lui succéda.
La même année vit aussi le décès de l’éminent Shaykh Muḥyî ad-Dîn an-Nawawî (2), grand imam du madhhab shafiʿite, le septième jour de Muḥarram.
Le sultan al-Malik az-Zâhir rentra alors des pays de Rûm, après avoir vaincu les Tatars à al-Bulustayn. Il revint triomphant, entra dans Damas et ce jour fut solennel. Il logea au palais al-Ablaq, qu’il avait fait édifier à l’ouest de Damas, entre les deux maysans verdoyants. Des rapports (3) lui parvinrent selon lesquels Abâgha s’était rendu sur le champ de bataille, l’avait inspecté (4), s’était affligé de la perte subie par les Mongols et avait ordonné la mise à mort d’al-Barawânah. On rapporta alors qu’il avait l’intention de se diriger vers la Syrie. Le sultan convoqua (5) les émirs et tint conseil. Il fut décidé de l’affronter où qu’il se trouvât. Le sultan ordonna d’ériger le pavillon près du palais, mais la nouvelle arriva qu’Abâgha était retourné dans ses terres. Sur ce, il (6) fit démonter le pavillon et s’établit au palais al-Ablaq, où se réunissaient auprès de lui notables, émirs et dignitaires, en toute quiétude et félicité.
Quant à Abâgha, il ordonna (7) l’exécution d’al-Barawânah (8)—son lieutenant dans le pays de Rûm—qui se nommait Muʿîn ad-Dîn Sulaymân ibn ʿAlî ibn Muḥammad ibn Ḥasan. Il le fit tuer parce qu’il le soupçonnait de comploter avec al-Malik az-Zâhir, prétendant que c’était lui qui avait conseillé à ce dernier d’entrer dans les pays de Rûm. Al-Barawânah était un homme courageux, avisé, généreux et prodigue, et il manifestait une certaine sympathie pour al-Malik az-Zâhir. Il avait alors dépassé la cinquantaine au moment de sa mort.
(9) Ensuite, le samedi quinze Muḥarram, mourut le roi al-Malik al-Qâhir (10) Bahâ’ ad-Dîn ʿAbd al-Malik ibn