Et de même pour les émirs (1) à Menin : [Le cheikh Burhân al-Dîn al-Fazârî déclara : « Je lui ai rendu visite en compagnie de mon père, et mon père s’asseyait devant lui. »]
(2) Il parlait abondamment en usant de termes étranges, de sorte que nul parmi les présents ne comprenait ses propos. Le cheikh Tâj al-Dîn rapporta qu’il l’avait entendu dire : « Jamais personne ne s’est rapproché de Dieu autant qu’en manifestant humilité et supplication envers Lui. » Il l’entendit aussi dire : « Celui qui se croit arrivé (al-muwallah) est en réalité banni de la voie de Dieu ; il pense être parvenu, et s’il savait qu’il était banni, il renoncerait à son état. En effet, la voie des gens de la progression spirituelle n’est embrassée que par ceux dont la raison est solide. » Il disait également : « L’écoute spirituelle (sama‘) est le lot de ceux qui n’ont pas d’occupation. »
Le cheikh Tâj al-Dîn commenta : « Le cheikh Jandal appartenait aux gens de la voie et faisait partie des savants de la vérification. » Il ajouta : « En l’an 661 (de l’Hégire), il m’informa avoir atteint quatre-vingt-quinze ans. » J’ai dit : « Ainsi, il avait dépassé la centaine, car il mourut durant le Ramadan de cette même année et fut enterré dans sa célèbre zâwiya, au village de Menin (3). Des foules vinrent visiter sa tombe depuis Damas et ses alentours pendant de nombreux jours (qu’Allah lui fasse miséricorde). »
Il y avait également Muhammad ibn ‘Abd al-Rahmân (4) ibn Muhammad (5), le hâfiẓ Badr al-Dîn Abû ‘Abd Allâh ibn al-Fuwayrah (6) al-Sulamî al-Hanafî. Il étudia auprès d’al-Ṣadr Sulaymân et d’Ibn ‘Atâ’, puis apprit la grammaire avec Ibn Mâlik. Il acquit un savoir considérable, excellait tant en poésie qu’en prose, et enseigna dans les madrasas al-Shibliyya et al-Qaṣâ‘în. On lui proposa la vice-magistrature (niyâbat al-qaḍâ), mais il refusa ; il exerça aussi l’art de la calligraphie dite « mansûba ».
Après sa mort, un de ses compagnons le vit en rêve et lui demanda : « Qu’est-ce que Dieu a fait de toi ? » Il composa alors ce vers :
[Du mètre as-sarî‘]
« Je n’avais nul intercesseur auprès de Lui / Hormis ma conviction qu’Il est l’Unique. »
Il mourut au mois de Jumâdâ al-Âkhira et fut enterré à l’extérieur de Damas (qu’Allah lui fasse miséricorde).
Quant à Muhammad ibn ‘Abd al-Wahhâb ibn Manṣûr (7), connu sous le nom de Shams al-Dîn Abû ‘Abd Allâh al-Ḥarrânî al-Ḥanbalî, il fut le disciple du cheikh Majd al-Dîn ibn Taymiyya.