Il parcourut la situation et y découvrit un jeune homme, issu d’une famille de marchands, appelé « Li », qui avait lu le Coran, étudié un peu de jurisprudence ainsi que les « Ishârât » d’Ibn Sînâ, et s’était intéressé à l’astrologie. Puis, il prétendit être ‘Îsâ fils de Maryam (Jésus), et un groupe d’ignorants de la région le crut. Il leur abrogea l’obligation de la prière d’al-‘Asr et celle de la nuit (al-‘ishâ’). Il le convoqua alors, l’interrogea à ce sujet et le trouva intelligent, mais agissant délibérément. Il ordonna donc qu’on le tue devant lui — qu’Allâh le récompense — et il enjoignit à la foule de piller les biens de ses partisans ainsi que ceux de tous ceux qui l’avaient suivi (1).
[Et parmi ceux qui décédèrent cette même année parmi les notables] :
Mou’ayyad ad-Dîn Abû al-Ma’âlî al-Maṣdar ar-ra’îs (2), As‘ad Ghâbî al-Muẓaffarî, fils du vizir Mou’ayyad ad-Dîn As‘ad ibn Ḥamza ibn As‘ad ibn ‘Alî ibn Muḥammad at-Tamîmî al-Qalanisî, dépassa quatre-vingt-dix ans. Il était un grand notable, jouissant d’une prospérité considérable, et ne manquait jamais de prendre en main quelque fonction administrative que ce fût. Après la mort d’Ibn Suwayd (3), on l’obligea à diriger les affaires du sultan, ce qu’il fit sans aucune rétribution. Il mourut dans son verger et fut enterré au pied du mont Qâsiyyûn le mardi 13 Muḥarram.
[C’est lui qui était] le père de aṣ-ṣadr ‘Izz ad-Dîn Ḥamza, notable à la fois de Damas et du Caire. Leur aïeul, Mou’ayyad ad-Dîn (4) As‘ad ibn Ḥamza l’aîné, fut le vizir du roi al-Afḍal ‘Alî ibn an-Nâṣir, le conquérant de Jérusalem. C’était un dirigeant vertueux, auteur de l’ouvrage « al-Waṣiyya fî al-akhlâq al-marḍiyya » (5) et d’autres écrits. Il excellait également dans la composition poétique. Il dit entre autres (6), dans le mètre al-basîṭ :
« Ô Seigneur, accorde-moi, lorsque ma tombe m’enserrera,
un bienfait de Ta part qui me sauvera du feu.
Accorde-moi le meilleur voisinage quand je deviens Ton voisin dans ma tombe,
car Tu as commandé de bien traiter le voisin. » (7)
Quant au père de Ḥamza ibn As‘ad ibn ‘Alî ibn Muḥammad at-Tamîmî, surnommé al-‘Amîd, il écrivait fort bien et composa une chronique s’étendant d’après l’an 440 de l’Hégire jusqu’à l’année de sa mort, en 555 (de l’Hégire).