Une partie de ses actes motiva son emprisonnement, puis on ordonna son exécution et sa mise à mort (1). Il décéda cette même année et fut enterré dans sa zawiya. Que Dieu lui fasse miséricorde. Le sultan l’aimait énormément, au point qu’il nomma l’un de ses fils Khidr par conformité à son nom. On attribue à ce personnage la coupole qui se trouve sur la montagne à l’ouest de la colline, appelée la « Coupole du cheikh Khidr ».
Auteur (2) du « Taʿjîz », il s’agit de l’éminent savant Tadj ad-Dîn ʿAbd ar-Rahîm ibn Muḥammad ibn Muḥammad ibn Yūnus ibn Muḥammad ibn Saʿd ibn Mâlik Abū al-Qâsim al-Mawṣilî, issu d’une famille de juristes, de notables et d’enseignants. Né en l’an cinq cent quatre-vingt-dix-huit (598 H), il étudia, poursuivit ses recherches, acquit des connaissances, composa des ouvrages et abrégea « al-Wajîz » dans son livre « at-Taʿjîz ». Il en fit de même avec « al-Maḥṣûl ». Il avait sa propre méthode en matière de divergences juridiques, transmise par Rukn ad-Dîn aṭ-Ṭâwousî (3). Son grand-père, ʿImâd ad-Dîn ibn Yūnus (4), était considéré comme le maître de l’école juridique de son époque, comme nous l’avons déjà mentionné.
[Ensuite débuta l’an six cent soixante-douze (672 H)].
Au mois de Ṣafar de cette année, al-Ẓâhir arriva à Damas, ayant appris qu’Abghâ avait gagné Bagdad pour y chasser dans la région. Il dépêcha alors un message aux armées égyptiennes pour qu’elles se préparent à se rendre sur place, et le sultan se tint prêt pour cette campagne.
Au mois de Jumâdâ al-Âkhira, on amena le roi des Kourdj en sa présence à Damas. Il était venu incognito pour visiter Bayt al-Maqdis (Jérusalem). Une fois découvert, on le fit comparaître devant lui et il fut emprisonné dans la citadelle.
Durant la même année, la construction de la mosquée de Dayr aṭ-Ṭîn située à l’extérieur du Caire fut achevée, et l’on y célébra la prière du vendredi. Durant cette même période, le sultan se rendit au Caire et y entra le septième jour de Rajab.
Vers la fin du mois de Ramaḍân, le roi as-Saʿîd, fils d’al-Ẓâhir, arriva à Damas avec un groupe de soldats. Il y séjourna un mois, puis repartit. Le jour de lʿÎd al-Fiṭr, le sultan circoncit son fils Khidr, qu’il avait ainsi nommé en hommage à son cheikh, et circoncit en même temps plusieurs fils d’émirs, ce qui donna lieu à une grande cérémonie.
Au cours de cette année, le roi des Tatars confia à ʿAlâ’ ad-Dîn, responsable du dîwân de Bagdad, l’administration de Tustar et de ses dépendances. Celui-ci s’y rendit alors pour assumer cette fonction.