Le lundi douze de Shawwāl, le sultan convoqua son cheikh, le cheikh Khidr al-Kurdi (1), en sa présence à la citadelle et l’interrogea sur de nombreuses accusations qui lui avaient été portées et sur de graves transgressions qu’il avait commises. Le sultan ordonna alors son arrestation et son emprisonnement, avant d’ordonner son assassinat (2), et ce fut la dernière fois qu’on entendit parler de lui.
Au mois de Dhū al-Qaʿda, la communauté ismaélienne remit ce qui lui restait de forteresses, à savoir al-Kahf, al-Qadmus et al-Manṭiqa (3). En contrepartie, elle reçut (4) des concessions foncières, de sorte qu’elle ne possédait plus aucune forteresse en Syrie, et le sultan y désigna ses représentants.
Cette même année, le sultan ordonna la construction de ses ponts dans les régions côtières, engageant pour cela de grandes sommes d’argent (5). Grâce à ce projet, la population bénéficia d’un soutien considérable (6).
Parmi les notables décédés cette année se trouvait le cheikh Tāj al-Dīn Abū al-Muẓaffar (Muḥammad) b. Aḥmad b. Ḥamza b. ʿAlī b. Hibat Allāh b. al-Ḥuway (7), de la tribu Taghlib, originaire de Damas. Il comptait parmi les grandes figures de la ville : il exerça les fonctions de surintendant des orphelins (naẓar al-aytām) et de la ḥisbah, puis assura la gestion de la trésorerie (Bayt al-Māl). Il avait acquis de vastes connaissances, et Ibn Bulbān (8) compila pour lui une Mashyakha, que le cheikh Sharaf al-Dīn al-Fazārī (9) lut devant lui à la mosquée. Un groupe de notables et d’érudits l’écouta, qu’Allāh lui fasse miséricorde.
Le prédicateur Fakhr al-Dīn Abū al-Faraj (10) ʿAbd al-Qāhir (11) b. ʿAbd al-Ghanī b. Muḥammad b. Abī al-Qāsim b. Muḥammad b