Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Au mois de Rabīʿ al-Awwal, l’émir Sayf al-Dīn Muḥammad ibn Muẓaffar al-Dīn ʿUthmān ibn Nāṣir al-Dīn Mankūrs, seigneur de Ṣahyūn, décéda. Il fut inhumé dans le tombeau de son père, au cours de la «dixième des soixante-dix». Il avait régné sur Ṣahyūn et Barzaya pendant onze ans. Après sa mort, son fils Sābiq al-Dīn reçut ses domaines. Il envoya un message au roi al-Ẓāhir afin de solliciter l’autorisation de se rendre auprès de lui, ce que le roi lui accorda. Lorsqu’il arriva, on lui alloua Khayzā, et des délégués de sa part furent envoyés dans les deux cités.

Le cinquième jour de Jumādā al-Ākhira, le sultan arriva avec son armée sur les bords de l’Euphrate, ayant appris qu’un groupe de Tatars s’y trouvait. Il traversa le fleuve en personne, accompagné de ses troupes, et infligea à l’ennemi une lourde défaite en tuant un grand nombre de leurs soldats. Les premiers à avoir franchi l’Euphrate ce jour-là furent l’émir Sayf al-Dīn Qalāwūn et Badr al-Dīn Baysarī, suivis du sultan lui-même, qui poursuivit ensuite son offensive contre les Tatars. Il se dirigea ensuite vers la région d’al-Bīra, assiégée par un autre contingent tatar ; dès que ceux-ci apprirent son arrivée, ils prirent la fuite en abandonnant leurs biens et leurs bagages. Le sultan entra à al-Bīra avec grande magnificence et distribua d’importantes sommes d’argent à ses habitants. Puis il retourna à Damas le troisième de Jumādā al-Ākhira, ramenant avec lui des prisonniers. Il quitta la ville le septième du même mois en direction des terres égyptiennes. Son fils, al-Malik al-Saʿīd, sortit à sa rencontre ; ils firent ensemble leur entrée au Caire, dans une ambiance de célébration mémorable.

Parmi les vers composés à ce propos par le qāḍī Shihāb al-Dīn Maḥmūd le scribe (dont les enfants sont connus sous le nom de Banū al-Shihāb Maḥmūd), au sujet du franchissement de l’Euphrate par le sultan et son armée, on trouve, tiré d’al-Kāmil :

« Avance où bon te semble, car le Gardien est ton protecteur,
Et gouverne, car les destins se plient à ta volonté.
Il ne reste plus rien de la religion que tu as soutenue,
Ô son pilier, qui puisse encore soulever l’animosité chez l’ennemi.
Lorsque les têtes se mirent à danser, elles furent ébranlées
Par les rythmes enivrants des cordes de tes arcs. »

(1) Notice biographique - Al-Amir Sayf al-Din - dans le bas de Mirʾāt al-Zamān (3/25‑26) et dans l'extrait d'Akhbār al-Bashar d'Abū al-Fidāʾ (4/7). On y trouve également : Aḥmad ibn ʿUthmān wa Tārīkh al-Islām (15/231), Al-ʿIbar (5/296) et Shudhūr al-Dhahab (7/585). (2) Variante : Mankūras ibn Badr al-Dīn Jurdakīn. (3) Variante : Qutila khalqan (ils ont tué des gens). (4) Original : Fa-khāḍa ilayhim al-Furāt yawma'idhin al-Amīr (Ce jour-là, l’émir franchit l’Euphrate). (5) La notice de Qalāwūn sera rapportée dans les décès de l'année 689 de ce volume, si Dieu le veut. (6) La notice de Baisarī sera rapportée dans les décès de l'année 698 de ce volume, si Dieu le veut. (7) Variante : Wa faʿala bi-l-Tātār (et il agissait avec les Tatars). (8) Al-Bīrah : une localité proche de Sumaysāṭ, entre Alep et les frontières byzantines, c’est une forteresse solide. Voir Maʿjam al-Buldān (1/526). (9) La notice de al-Shihāb Maḥmūd sera rapportée dans les décès de l'année 725 dans le dernier volume de ce livre. (10) Les vers se trouvent dans le bas de Mirʾāt (3/3) et dans al-Nujūm (7/159). (11) Après lui, dans le bas de Mirʾāt : Minhā (et parmi elles). (12) Variante : Wa ḥarakat (et elle bougea) ; c’est une variante des bas de Mirʾāt et al-Nujūm.
وفي ربيع الأول توفي الأمير سيف (١) الدين محمد بن مُظَفَّر الدين عثمان بن ناصر الدين منكورس (٢) صاحب صهيون، ودُفن في تربة والده في عشر السبعين، وكان له في ملك صهيون وبَرْزَيَه إحدى عشرة سنة، وتسلمها بعده ولده سابق الدين، وأرسل إلى الملك الظاهر يستأذنه في الحضور (فأذن له) ، فلما حضر أقطعه خيزا وبعث إلى البلدين نوابًا من جهته. وفي خامس جمادى الآخرة وصلَ السلطان بعسكره إلى الفرات لأنه بلغه أن طائفةً من التتار هنالك فخاض إليهم الفرات بنفسه وجنده، وقتل من أولئك مقتلة كبيرة وخلقًا كثيرًا (٣) ، وكان أول (من) اقتحم الفرات يومئذ (٤) الأمير سيف الدين قلاوون (٥) وبدر الدين بَيْسَري (٦) وتبعهما السلطان، ثم فعل (٧) بالتتار ما فعل، ثم ساق إلى ناحية البيرة (٨) وقد كانت محاصرة بطائفة من التتار أخرى، فلما سمعوا بقدومه هربوا وتركوا أموالهم وأثقالهم، ودخل السلطان إلى البيرة في أُبَّهة عظيمة وفرَّق في أهلها أموالًا كثيرة، ثم عاد إلى دمشق في ثالث جمادى الآخرة ومعه الأسرى. وخرج منها في سابعه إلى الديار المصرية، وخرج ولده الملك السعيد لتلقّيه ودخلا إلى القاهرة، وكان يومًا مشهودًا. ومما قاله القاضي شهاب الدين محمود الكاتب (٩) ، (وأولاده يقال لهم بنو الشهاب محمود،) في خوض (السلطان) الفرات (بالجيش:) (١٠) [من الكامل] سِرْ حَيْثُ شِئْتَ لكَ المُهَيْمِنُ جارُ … واحكُمْ فطَوعُ مرادِكَ الأقْدارُ (١١) لم يبقَ للدّين الذي أظهرتَهُ … يا ركنَهُ (عندَ) الأعادي ثار لما تراقصتِ الرؤوسُ تحرّكت (١٢) … من مطرباتِ قِسيِّكَ الأوتارُ
(١) ترجمة - الأمير سيف الدين - في ذيل مرآة الزمان (٣/ ٢٥ - ٢٦) والمختصر من أخبار البشر لأبي الفداء (٤/ ٧) وفيه: أحمد بن عثمان وتاريخ الإسلام (١٥/ ٢٣١) والعبر (٥/ ٢٩٦) وشذرات الذهب (٧/ ٥٨٥). (٢) ب: منكورس بن بدر الدين جردكين. (٣) ب: وقتل خلقًا. (٤) أ: فخاض إليهم الفرات يومئذ الأمير. (٥) سترد ترجمة قلاوون في وفيات سنة ٦٨٩ من هذا الجزء إن شاء الله تعالى. (٦) سترد ترجمة بيسري في وفيات سنة ٦٩٨ من هذا الجزء إن شاء الله تعالى. (٧) ب: وفعل بالتتار. (٨) البيرة: بلد قرب سُمَيْساط بين حلب والثغور الرومية وهي قلعة حصينة. معجم البلدان (١/ ٥٢٦). (٩) سترد ترجمة الشهاب محمود في وفيات سنة ٧٢٥ هـ من الجزء الأخير من هذا الكتاب. (١٠) الأبيات في ذيل المرآة (٣/ ٣) والنجوم (٧/ ١٥٩). (١١) بعده في ذيل المرآة: ومنها. (١٢) ب: وحركت وهي رواية ذيل المرآة والنجوم.

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