En résumé, il est dit qu’il régnera. Qutb al-Din al-Yûnînî (1) rapporta cela et mentionna que la raison de ses abondantes larmes était sa compagnie avec un homme doté d’états spirituels et de prodiges. Ils quittèrent Bagdad ensemble et parvinrent en une seule heure à une localité située à une année de voyage de Bagdad. Cet homme lui annonça : « Je mourrai à tel moment, alors sois témoin de ma mort à cette heure dans telle ville. »
Le cheikh ‘Alî (2) raconta : « Quand l’heure fut venue, je me trouvai auprès de lui au moment où il agonisait. Il s’était tourné vers l’est, alors je l’orientai vers la qibla, mais il se retourna à nouveau vers l’est. Je le changeai une seconde fois de direction (il ouvrit alors les yeux) et il me dit : “Ne te donne pas cette peine, car je ne mourrai qu’en étant tourné de ce côté.” Puis il se mit à parler comme le feraient des moines, jusqu’à ce qu’il rende l’âme. Nous le transportâmes ensuite jusqu’à un monastère où nous trouvâmes les gens dans un profond chagrin. Nous leur demandâmes la cause de leur affliction et ils répondirent : “Nous avions parmi nous un vieil homme de cent ans qui, aujourd’hui, est décédé en embrassant l’islam.” Nous leur dîmes alors : “Prenez celui-ci en échange, et rendez-nous notre compagnon.” » Il poursuivit : « Nous prîmes donc en charge notre défunt, le lavâmes, l’enveloppâmes dans un linceul, priâmes sur lui et l’enterrâmes (4) parmi les musulmans, tandis qu’eux se chargèrent de l’autre homme en l’enterrant dans le cimetière des chrétiens. Nous demandons à Dieu une belle fin (5). Le cheikh ‘Alî mourut en Rajab de cette année-là. »
[Ensuite débuta l’année 671 (de l’hégire)]. Le cinq Muharram, al-Ẓâhir arriva à Damas depuis les régions côtières qu’il avait conquises et pacifiées (6). Puis, à la fin de ce même mois, il se rendit au Caire où il demeura un an, avant de revenir et d’entrer à Damas le 4 Ṣafar (7).
En ce même mois de Muharram, les Nubiens parvinrent à ‘Aydhâb (8), pillèrent ses marchands (9) et tuèrent nombre de ses habitants, dont le gouverneur et le juge. L’émir ‘Alâ’ al-Dîn Aydghdî (10), le khazindar, marcha alors contre eux. Il en tua un grand nombre, pilla, brûla, rasa, dévasta la région et se vengea. À Dieu reviennent la louange et la grâce.