Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

[Mention de l’histoire de la Table]

Dieu le Très-Haut a dit :
« Lorsque les Apôtres dirent : “Ô Jésus, fils de Marie, ton Seigneur peut-Il faire descendre sur nous une table servie du ciel ?” [Jésus] leur dit : “Craignez Dieu, si vous êtes croyants.” Ils dirent : “Nous voulons en manger et que nos cœurs s’en rassurent, et que nous sachions que tu nous as bien dit la vérité et que nous soyons de ceux qui en témoignent.” Jésus, fils de Marie, dit : “Ô Dieu, notre Seigneur ! Fais descendre sur nous une table servie du ciel, qui sera pour nous une fête, pour le premier d’entre nous comme pour le dernier, et un signe de Toi. Accorde-nous la subsistance, car Tu es le Meilleur des pourvoyeurs.” Dieu dit : “Oui, Je la ferai descendre sur vous. Mais quiconque parmi vous mécroira par la suite, Je le châtierai d’un châtiment que Je n’infligerai à nul autre parmi les mondes.” » [Al-Mâ’ida, 112-115]

Nous avons déjà mentionné dans l’ouvrage intitulé "at-Tafsîr" (1) les récits rapportés par Ibn ‘Abbâs, Salmân al-Fârisî, ‘Ammâr ibn Yâsir et d’autres savants parmi les pieux prédécesseurs au sujet de la descente de la Table. L’essentiel de ces récits est que Jésus (que la paix soit sur lui) ordonna aux Apôtres de jeûner trente jours. Une fois ce jeûne accompli, ils demandèrent à Jésus une table servie descendue du ciel, afin qu’ils puissent en manger et que leurs cœurs s’apaisent, convaincus que Dieu avait agréé leur jeûne et exaucé leur requête. Ils désiraient aussi que cette table serve de fête où ils rompraient le jeûne et qu’elle suffise à tous, riches et pauvres, du premier jusqu’au dernier d’entre eux.

Jésus (que la paix soit sur lui) les exhorta alors, craignant qu’ils ne soient incapables de remercier Dieu à la mesure de cette grâce ni de répondre aux exigences qui en découleraient. Mais ils refusèrent de renoncer à leur requête et réclamèrent qu’il l’adressât à son Seigneur (Exalté soit-Il). Finalement, devant leur insistance, Jésus se leva pour se rendre à son lieu de prière, revêtit un vêtement en poil, joignit ses pieds, baissa la tête, laissa ses larmes couler, et supplia Dieu dans l’invocation, afin que les Apôtres soient exaucés.

Alors Dieu (Exalté soit-Il) fit descendre la Table du ciel, sous les yeux des gens. Elle apparut entre deux nuées et se rapprocha peu à peu. À mesure qu’elle descendait, Jésus (que la paix soit sur lui) invoquait son Seigneur pour qu’Il en fasse une miséricorde et non un châtiment, et qu’Il y place bénédiction et salut. La Table continua de descendre jusqu’à ce qu’elle se trouve devant lui, recouverte d’un voile. Jésus se leva, découvrit la Table en disant : « Au nom de Dieu, le Meilleur des pourvoyeurs. » À leur stupéfaction, on y trouva sept poissons, sept pains, des légumes et du vinaigre. Certains rapportent aussi qu’elle contenait de la grenade et divers fruits dégageant un parfum très puissant. Dieu ordonna : « Sois ! » et elle fut ainsi.

Jésus leur commanda ensuite d’en manger. Ils dirent : « Nous n’y toucherons pas tant que tu n’en auras pas toi-même mangé. » Il leur répondit : « C’est pourtant vous qui avez été les premiers à en demander la descente. » Malgré cela, ils refusèrent de commencer. Jésus fit donc venir les pauvres, les nécessiteux, les malades et les infirmes — ils étaient environ mille trois cents — et leur ordonna d’en manger. Quiconque souffrait d’une infirmité, d’une atteinte ou d’une maladie chronique fut aussitôt guéri. Les autres, voyant le bienfait qui leur avait échappé, regrettèrent de ne pas y avoir participé.

Il est également dit qu’elle descendait chaque jour une fois, et que ceux qui en mangeaient au dernier tour étaient tout autant rassasiés que ceux qui y avaient goûté en premier. Certains affirment qu’environ sept mille personnes en profitaient. Puis elle aurait fini par descendre un jour sur deux, comme elle en avait l’habitude auparavant.

(1) Il s’agit de l’exégèse mentionnant les diverses traditions au sujet de la descente de la Table citée dans la Sourate al-Mâ’ida.

(1) Tafsir d'Ibn Kathīr (tome 2, p. 116), et dans le Tafsir d'al-Ṭabarī (tome 7, pp. 84-85). Ainsi que dans le Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq (tome 20, p. 106) et suivants. (2) Dans la lecture B : « والناس ». Et dans la lecture al-Zamannī : « المبتلون ».
[ذكر خبر المائدة] قال الله تعالى: ﴿إِذْ قَالَ الْحَوَارِيُّونَ يَاعِيسَى ابْنَ مَرْيَمَ هَلْ يَسْتَطِيعُ رَبُّكَ أَنْ يُنَزِّلَ عَلَيْنَا مَائِدَةً مِنَ السَّمَاءِ قَالَ اتَّقُوا اللَّهَ إِنْ كُنْتُمْ مُؤْمِنِينَ (١١٢) قَالُوا نُرِيدُ أَنْ نَأْكُلَ مِنْهَا وَتَطْمَئِنَّ قُلُوبُنَا وَنَعْلَمَ أَنْ قَدْ صَدَقْتَنَا وَنَكُونَ عَلَيْهَا مِنَ الشَّاهِدِينَ (١١٣) قَالَ عِيسَى ابْنُ مَرْيَمَ اللَّهُمَّ رَبَّنَا أَنْزِلْ عَلَيْنَا مَائِدَةً مِنَ السَّمَاءِ تَكُونُ لَنَا عِيدًا لِأَوَّلِنَا وَآخِرِنَا وَآيَةً مِنْكَ وَارْزُقْنَا وَأَنْتَ خَيْرُ الرَّازِقِينَ (١١٤) قَالَ اللَّهُ إِنِّي مُنَزِّلُهَا عَلَيْكُمْ فَمَنْ يَكْفُرْ بَعْدُ مِنْكُمْ فَإِنِّي أُعَذِّبُهُ عَذَابًا لَا أُعَذِّبُهُ أَحَدًا مِنَ الْعَالَمِينَ﴾ [المائدة: ١١٢ - ١١٥] . قد ذكرنا في "التفسير" (١) الآثار الواردة في نزول المائدة عن ابن عباس، وسلمان الفارسي، وعمار بن ياسر، وغيرهم من السّلف. ومضمون ذلك أن عيسى (عليه السلام) أمر الحواريّين بصيام ثلاثين يومًا، فلما أتمّوها سألوا من عيسى إنزال مائدة من السماء عليهم ليأكلوا منها، وتطمئن بذلك قلوبهم أنَّ الله قد تقتل صيامهم وأجابهم إلى طلبتهم، وتكون لهم عيدًا يفطرون عليها يوم فطرهم، وتكون كافية لأولهم وآخرهم، لغنيِّهم وفقيرهم. فوعظهم عيسى في ذلك، وخاف عليهم أن لا يقوموا بشكرها ولا يؤدوا حقّ شروطها، فأبوا عليه إلّا أن يسأل لهم ذلك من ربّه – Exalté soit-Il – . فلما لم يقلعوا عن ذلك قام إلى مُصَلاّه، ولبس مسحًا من شعر، وصفّ بين قدميه، وأطرقَ رأسه، وأسبل عينيه بالبكاء، وتضرّع إلى الله في الدعاء والسؤال أن يجابوا إلى ما طلبوا، فأنزل الله تعالى المائدة من السماء والناس ينظرون إليها تتحدر بين غمامتينِ، وجعلت تدنو قليلًا قليلا، وكلّما دنت سأل عيسى ربَّه – Exalté soit-Il – أن يجعلها رحمةً لا نقْمةً، وأن يجعلها بركة وسلامة، فلم تزل تدنو حتى استقرت بين يدي عيسى (عليه السلام) وهي مُغَطّاة بمنديل، فقام عيسى فكشف عنها وهو يقول: (بسم الله خير الرازقين) ، فإذا عليها سبعة من الحيتان، وسبعة أرغفة. وبُقُول وخلّ. ويُقال: ورمان وثمار، ولها رائحةٌ عظيمة جدًا، قال الله لها: كوني، فكانت. ثمّ أمرهم بالأكل منها، فقالوا: لا نأكل حتى تأكل، فقال: إنكم الذين ابتدأتم السؤال لها، فأبوا أن يأكلوا منها ابتداءً، فأمر الفقراءَ والمحاويج والمرضى والزَّمْنَى (٢) ، وكانوا قريبًا من ألف وثلاثمئة، فأكلوا منها، فَبَرئ كلُّ مَنْ به عاهة أو آفة أو مرض مزمن، فندم الناس على ترك الأكل منها لما رأوا من إصلاح حال أولئك. ثمّ قيل: إنها كانت تنزل كلّ يوم مرّة، فيأكل الناس منها، يأكل آخرهم كما يأكل أولهم، حتى قيل: إنها كان يأكل منها نحو سبعة آلاف. ثم كانت تنزل يومًا بعد يوم، كما كانت
(١) تفسير ابن كثير (٢/ ١١٦)، وفي تفسير الطبري (٧/ ٨٤ - ٨٥). ومختصر تاريخ دمشق (٢٠/ ١٠٦) وما بعدها. (٢) في ب: والناس. والزمنى: المبتلون.

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