Il naquit en l’an cinq et quatre-vingt-cinq et cinq cents, écouta le hadith, étudia la jurisprudence et émit des avis juridiques à la Madrasa as-Salihiyya (1). Il fut nommé à la fonction de muhtasib (chargé de la régulation du marché) au Caire, puis assuma la magistrature en l’an trois (2) et soixante, lorsqu’on désigna un juge pour chaque école de droit. Il refusa avec la plus grande insistance, puis finit par accepter sous la contrainte, à condition de ne pas recevoir de salaire pour cette fonction. Il jouissait d’une grande renommée pour sa science et sa piété. Le cadi Badr ad-Dîn Ibn Jamā‘a (3) et d’autres rapportèrent de lui. Il mourut cinq jours avant la fin de Dhou al-Qa‘da.
At-Tawāshī Choujā‘ ad-Dīn Murshid al-Muzaffarī al-Hamawī (4) :
Il était un guerrier courageux, un véritable héros parmi les plus vaillants. Il avait un jugement sûr, auquel son maître ne s’opposait pas, pas plus que le roi al-Malik adh-Dhāhir. Il mourut à Ḥamā et fut inhumé dans son propre mausolée, à proximité de son école dans cette même ville.
Ibn Sab‘īn (5) : ‘Abd al-Ḥaqq ibn Ibrāhīm ibn Muḥammad ibn Naṣr ibn Muḥammad ibn Naṣr ibn Muḥammad, Qutb ad-Dīn, Abū Muḥammad al-Mursī (6) ar-Ruqqūṭī (7), ainsi nommé d’après Ruqqūṭa, une localité proche de Murcie (8).
Il naquit en l’an quatorze et six cents [614]. Il se spécialisa dans les sciences antiques et la philosophie, d’où émana pour lui une forme d’« union » (9). Il rédigea des ouvrages à ce sujet. Il connaissait la sîmiyā, et à travers cela, il abusait les ignorants parmi les émirs et les riches, prétendant qu’il s’agissait d’un état propre aux gens de la voie spirituelle. Parmi ses compositions figurent le livre « Al-Bad’ » (10) et le « Kitāb al-Huw ». Il résida à La Mecque et y exerça son influence
(1) Dans l'édition : « avec validité ».
(2) Dans le manuscrit : « Sana Sit » ; il s'agit d'une altération.
(3) La notice biographique de Badr al-Dīn ibn Jamāʿa Muhammad ibn Ibrāhīm ibn Saʿd Allāh ibn Jamāʿa al-Kinānī al-Ḥammūwī, mort en 733, sera donnée dans le dernier volume de cette imposante œuvre.
(4) Notice biographique de al-Ṭawāshī Shujāʿ al-Dīn, en fin de Mirʾāt al-Zamān (tome 2, pp. 465‑466), dans le Mukhtaṣar fī Akhbār al-Bashar d’Abū al-Fidāʾ (tome 4, p. 7) et dans Tārīkh al-Islām (tome 15, p. 177).
(5) Notice biographique d’Ibn Sabaʿīn, en fin de Mirʾāt al-Zamān (tome 2, p. 460), Tārīkh al-Islām (tome 15, p. 168), Al-Iʿlām bi-Wafayāt al-Aʿlām (p. 279), Al-ʿIbar (tome 2, pp. 291‑292), Al-Ishārah (p. 363), An-Nujūm az-Zāhirah (tome 7, pp. 232‑233 et 235), Al-Wāfī bi-l-Wafayāt (tome 18, p. 60), Fawāt al-Wafayāt (tome 2, pp. 253‑255), Ṭabaqāt ash-Shiʿrānī (tome 1, p. 203), Al-Kawākib ad-Durrīyah li-l-Manāwī (tome 1, p. 105), Shudhārāt adh-Dhahab (tome 7, pp. 573‑575), Nafḥ aṭ-Ṭayyib (tome 2, p. 196) et Nīl al-Ibtihāj (p. 184).
(6) Dans nos sources : al-Maqdisī ; il s’agit d’une altération par rapport à ses sources.
(7) Le terme a été altéré en fin de Mirʾāt en « az-Zaqūṭī ». « Raqūṭah » est devenu « Zaqūṭah ».
(8) Al-ʿAqd ath-Thamīn d’al-Fāsī (t. 5, p. 326) et An-Nujūm (t. 7, p. 233).
(9) Dans le manuscrit et l’édition : « Al-Ilḥād », ce qui est conforme à ce qui figure chez nos sources qui rapportent qu’il disait, lui et son groupe dénommé les « septantièmes », l’unité absolue.
(10) « An-Nadd », dans le manuscrit : « al-Yad » ; dans l’édition : « al-Badw ». Dans Shudhārāt : le livre des Buddān. En commentaire marginal, note suivante : dans Al-Iḥāṭah et al-ʿAqd ath-Thamīn : « al-Budd » au singulier. Le professeur Fuʾād Sayyid a commenté al-ʿAqd ath-Thamīn ainsi : « Il est bien connu que son nom est Budd al-ʿĀrif, ou Badʾ al-ʿĀrif. Une copie manuscrite datée de 679 y est conservée dans la bibliothèque de Jār Allāh à Istanbul sous le numéro (1273), une autre existe à Berlin sous le numéro (1744). »