Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il avait dépassé soixante-dix ans. Il composait une poésie de grande qualité et de belle vigueur. Cheikh Qutb ad-Dîn raconta à ce propos, après l’avoir attribué – comme nous l’avons indiqué – à son père, le cadi Bahâ’ ad-Dîn, qu’il penchait pour la prééminence d’Ali sur ‘Uthmân, conformément à l’opinion de son maître, Muhyi ad-Dîn Ibn ‘Arabî, ainsi qu’à la suite d’un rêve qu’il eut dans la Grande Mosquée de Damas, au cours duquel on se détournait de lui à cause de ce que les Banû Umayya lui avaient fait subir à l’époque de Siffîn. À son réveil, il composa alors un poème (dans lequel il manifeste son inclination pour Ali, malgré ses origines omeyyades) :

[mètre al-Ṭawîl]
« Je professe la doctrine du Légataire (Ali) et je ne reconnais point d’autre chemin,
même si mon ascendance est omeyyade.
Si ma cavalerie avait été présente à Siffîn, elle m’aurait donné sa grâce,
et fâché alors les fils de Harb par ma présence sur ce champ.
J’aurais manié les sabres contre eux, dans un accord mutuel,
afin de leur interdire tout accès au califat par la force. »

On cite également, parmi ses poèmes :

[mètre as-Sarî‘]
« Ils me dirent : “N’y a-t-il pas à Jallaq une promenade
qui puisse te faire oublier celui dont tu es épris ?”
Ô toi qui me blâmes, emplis-toi de son regard d’une flèche ;
voici qu’une autre ligne l’y confronte. »

Quant à al-Ṣâḥib Fakhr ad-Dîn, Muḥammad fils d’al-Ṣâḥib Bahâ’ ad-Dîn ‘Alî ibn Muḥammad ibn Salîm ibn al-Ḥannâ al-Miṣrî, il fut ministre de la Santé et se distinguait par son érudition. Il fit bâtir un ribât dans la grande Qarâfa, donna des cours dans l’école de son père au Caire, puis à celle de l’imam ach-Châfi‘î après Ibn Bint al-A‘azz. Il mourut au mois de Sha‘bân et fut inhumé au pied du Muqaṭṭam. Le sultan confia la charge de « ministre de la compagnie » (wizârat aṣ-ṣuḥba) à son fils Tâj ad-Dîn.

Le cheikh Abû Naṣr ibn Abî al-Ḥasan ibn al-Kharrâz, soufi de Bagdad et poète, avait un recueil de poèmes apprécié. Il était d’agréable compagnie et doué pour la conversation. Un jour, l’un de ses amis pénétra chez lui sans qu’il ne se lève pour l’accueillir ; il lui récita alors ces vers :

[mètre al-Khafîf]
« Mon cœur s’est levé en ton honneur lorsque tu es apparu,
par égard pour la sincérité de mon affection.
Or l’élan du cœur par amitié est plus digne
que le fait de se lever corporellement devant un corps. »

(1) B : Il avait dépassé quatre-vingt-dix ans et était un homme vertueux. (2) A : « Exposant là », c’est-à-dire « à cause de ». Dans B : « À la mosquée de Damas se trouvait Ali comme lieu de prière », c’est-à-dire « à cause de ce qui s’était passé ». (3) Deux vers dans les Chudhurât et quatre dans le complément de la Miroir. (4) A, B : « Et tu m’as vu ». (5) Version du complément de la Miroir : « J’aurais été le plus âgé d'entre eux comme endroit consacré… Et je raconte mes flèches lorsque tu ne t’en préoccupes pas. Et je les mène à cheval et à pied contre eux… Et je les empêche d’obtenir le califat de leurs mains. » (6) Biographie – Le propriétaire Fakhr al-Dīn – dans le complément de Miʾrāt al-Zamān (2/439-440) et Tārīkh al-Islām (15/159). (7) A, B : Al-Jazzār.
وقد جاوز السبعين. وله (١) شعر جيد قوي، وحكى الشيخ قطب الدين في ذلك بعد ما نسبه كما ذكرنا عن والده القاضي بهاء الدين أنه كان يذهب إلى تفضيل علي على عثمان موافقة لشيخه محيي الدين بن عربي، ولمنام رآه بجامع دمشق معرضًا عنه بسبب (٢) ما كان من بني أمية إليه في أيام صفين، فأصبح فنظم في ذلك قصيدة (يذكر فيها ميله إلى علي، وإن كان هو أموي) (٣) : [من الطويل] أدينُ بما دانَ الوَصِيُّ ولا أرى … سواهُ وإنْ كانتْ أُميَّةُ مَحْتدي ولو شهدتْ صفِّين خَيْلي لأعذرتْ … وساء بني (٤) حرب هنالكَ مَشْهدي لكنتُ أسُنُّ البيضَ عنهُم تراضيًا … وأمنعهم نيلَ الخلافةِ باليدِ (٥) ومن شعره: [من السريع] قالوا أما في جلَّقٍ نُزهةٌ … تُسليكَ عمّن أنتَ بهِ مُغْرى يا عاذلي دُونَكَ في لَحْظِهِ … سَهْمًا وقد عارضَهُ سَطْرا الصاحب فخر الدين (٦) محمد بن الصاحب بهاء الدين علي بن محمد بن سليم بن الحنا المصري، كان وزير الصحة، وقد كان فاضلًا، بنى رباطًا بالقرافة الكبرى، ودرس بمدرسة والده بمصر، وبالشافعي بعد ابن بنت الأعز، توفي بشعبان ودفن بسفح المقطّم، وفوض السلطان وزارة الصحبة لولده تاج الدين. الشيخ أبو نصر بن أبي الحسن بن الخراز (٧) الصوفي البغدادي الشاعر. له ديوان حسن، وكان جميل المعاشرة حسن المذاكرة، دخل عليه بعض أصحابه فلم يقم له فأنشده قوله: [من الخفيف] نَهضَ القلبُ حين أقبلتَ إجلا … لًا لما فيه من صحيحِ الودادِ ونهوضُ القلوبِ بالودِّ أولى … من نهوض الأجساد للأجسادِ
(١) ب: وقد جاوز التسعين وقد كان فاضلًا له. (٢) أ: معرضًا فيه يعني بسبب. وفي ب: بجامع دمشق كان عليًا موضأ يعني بسبب ما كان. (٣) الأبيات اثنين في الشذرات وأربعة في ذيل المرآة. (٤) أ، ب: وشاهدتني. (٥) رواية ذيل المرآة: لكنت أسن البيض عنهم مواضيا … وأروي أرماحي ولما تقصدِ وأجلبها خيلًا ورجلًا عليهُم … وأمنعهم نيل الخلافة باليدِ (٦) ترجمة - الصاحب فخر الدين - في ذيل مرآة الزمان (٢/ ٤٣٩ - ٤٤٠) وتاريخ الإسلام (١٥/ ١٥٩). (٧) أ، ب: الجزار.

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