Votre éloignement n’a fait que renforcer ma certitude (1) : « Pourquoi passes-tu de la bienveillance à un changement ? »
Dans ces mêmes circonstances, on mentionne la naissance d’Ibn az-Zamalkānī. En effet, au cours de cette année, naquit notre maître, l’éminent savant Kamāl ad-Dīn Muḥammad ibn ʿAlī al-Anṣārī ibn az-Zamalkānī, grand spécialiste de l’école shāfiʿite (2).
[Puis arriva l’année six cent soixante-huit de l’Hégire.] Le deuxième (3) jour de Muḥarram de cette année, le sultan revint du Ḥijāz. Les gens ne s’en rendirent compte que lorsqu’ils le virent déjà sur la place Verte, voyageant à dos de chameaux. Ils s’en réjouirent grandement, et il les dispensa de lui présenter cadeaux et offrandes, comme c’était son habitude (4). Tous furent émerveillés (5) par la rapidité de son trajet et la grandeur de sa détermination, puis il se rendit à Alep, [avant de gagner l’Égypte]. Il y entra le sixième (6) du mois avec la caravane égyptienne, tandis que son épouse, la mère du roi as-Saʿīd, demeurait au Ḥijāz cette année-là. Le treizième jour de Ṣafar, il partit avec son fils et les émirs vers Alexandrie pour y chasser, distribua aux émirs de fortes sommes et des robes d’honneur, puis revint (7) victorieux et triomphant.
Au cours du mois de Muḥarram (8) de cette même année, le souverain de Marrakech, Abū l-ʿAlāʾ Idrīs ibn ʿAbd Allāh ibn Muḥammad ibn Yūsuf, surnommé al-Wāthiq, fut tué par les Banū Marīn lors d’une guerre qui les opposa à lui près de Marrakech.
Le treizième jour de Rabīʿ al-Ākhir, le sultan parvint à Damas, accompagné d’une partie de son armée, après avoir enduré grand froid et boue sur le chemin. Il établit son camp à az-Zanbaqiyya, où il apprit que le fils de la sœur de Zaytūn était sorti d’Acre pour affronter l’armée musulmane. Il se rendit aussitôt à sa rencontre et le trouva non loin d’Acre ; ce dernier se replia alors dans la ville par crainte du sultan.