Les gens s’étonnèrent de la rapidité de sa marche, de son endurance et de sa ténacité. Puis (1) il poursuivit aussitôt sa route pour entrer à Alep le sixième jour de Muharram, afin d’en inspecter les conditions. Ensuite, il repartit à Hama, puis revint à Damas, avant de se diriger vers l’Égypte, dans laquelle il entra le mardi, troisième jour de Safar de l’année suivante — qu’Allah lui fasse miséricorde.
Vers la fin de Dhou al-Hijja, un vent violent souffla et fit chavirer (2) deux cents navires sur le Nil, causant la mort d’un grand nombre de personnes. De fortes pluies s’abattirent alors, et le Bilad al-Cham fut frappé par une vague de froid (3) qui détruisit les récoltes. « Nous sommes à Allah et c’est vers Lui que nous revenons. »
Cette année-là, Allah — exalté soit-Il — sema la discorde parmi les Tatars alliés à Abgha (4) et ceux d’Ibn Mankutimur, son cousin. Ils se dispersèrent et se combattirent entre eux, et louange à Allah pour cela.
La même année, les habitants de Harran quittèrent leur ville et s’installèrent au Bilad al-Cham. Parmi eux se trouvait notre maître, le savant Abu al-‘Abbas Ahmad ibn Taymiyya (5), accompagné de son père. Il était alors âgé de six ans, et ses frères, Zayn al-Din ‘Abd al-Rahman et Sharaf al-Din ‘Abd Allah (6), qui étaient plus jeunes que lui, étaient également du voyage.
[Parmi les notables qui décédèrent cette même année] : l’émir ‘Izz al-Din Aydamur ibn ‘Abd Allah (7) d’Alep, dit al-Salihi. Il comptait parmi les plus grands émirs et l’un des plus en faveur auprès des rois, et également auprès de Malik al-Zahir, qui le laissait le remplacer en son absence. Cette année-là, le souverain le fit venir avec lui, et il mourut dans la citadelle de Damas. Il fut inhumé dans un cimetière près de la Yagmouriyya, laissant de grandes richesses. Dans son testament, il recommanda ses enfants au sultan qui assista à ses funérailles dans la Grande Mosquée de Damas.
Enfin, Sharaf al-Din Abu al-Tahir (8) Muhammad, fils du hafiz Abu al-Khattab ‘Umar ibn Dihya al-Misri, mourut également. Né en l’an 610 de l’Hégire, il étudia auprès de son père et auprès de plusieurs maîtres. Il occupa la fonction de shaykh à la Dâr al-Hadith al-Kâmiliyya, enseigna le hadith et fut un érudit accompli.