À Lui sont confiées les affaires des serviteurs… Laisse de côté toute contestation, car que ta méconnaissance est grande !
Et parmi ceux qui décédèrent cette année parmi les notables (1) :
• Le hâfizh Abou Ibrâhîm Isḥâq ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Umar ibn ‘Abd Allâh (2), connu sous le nom d’Ibn Qâdî al-Yaman, à l’âge de soixante-huit ans. Il fut inhumé à la Sharaf al-A‘lā. Il avait la singularité de transmettre d’excellents récits dont les gens bénéficièrent.
[La naissance du Sharaf Ibn Taymiyya (3) et d’al-Qazwînî (4)]
Au cours de cette même année naquirent : le shaykh Sharaf ad-Dîn ‘Abd Allâh ibn Taymiyya, frère du shaykh Taqî ad-Dîn Ibn Taymiyya, ainsi que le prédicateur al-Qazwînî.
[Puis arriva l’année six cent soixante-sept]
Au mois de Ṣafar de ladite année, le sultan al-Ẓâhir renouvela le serment d’allégeance à son fils qui devait lui succéder, al-Malik as-Sa‘îd Muḥammad Baraka Khân. Il convoqua tous les émirs, les juges, les dignitaires, le fit monter sur sa monture et marcha devant lui. Ibn Luqmân (5) rédigea pour lui un acte de succession solennel prévoyant qu’il régnerait après son père et qu’il statuerait également en son nom de son vivant. Ensuite, au mois de Jumâdâ al-Âkhir, le sultan partit à la tête de ses armées en direction de la Syrie. Lorsqu’il entra à Damas, il reçut des émissaires de Abghâ, roi des Tatars (6), porteurs de lettres et de messages oraux.
Parmi ces messages, on pouvait entendre : « Tu n’es qu’un esclave qui fut vendu (7) à Sîwâs ; comment oses-tu aller à l’encontre des rois de la terre ? Sache que même si tu montais au ciel ou descendais sous terre, tu ne te soustrairais pas à mon emprise. Occupe-toi donc de conclure la paix avec le sultan Abghâ. » Le sultan n’en tint aucun compte et ne lui donna aucune importance, mais répondit de la manière la plus parfaite, disant à leurs messagers : « Informez-le que je le pourchasserai et ne cesserai avant de lui reprendre (8) toutes les contrées qu’il a arrachées au territoire du calife et dans l’ensemble des pays. »
En Jumâdâ al-Âkhir encore, le sultan al-Malik al-Ẓâhir décréta de détruire les boissons enivrantes et de mettre fin aux actes de corruption ainsi qu’aux méfaits immoraux dans le pays.