Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Dans cette année :

• Ḍiyā’ ad-Dīn ibn al-Faqā‘ī (1) intenta un procès contre aṣ-Ṣāḥib Bahā’ ad-Dīn ibn al-Ḥannā auprès d’al-Ẓāhir. Ibn al-Ḥannā l’emporta sur lui et al-Ẓāhir le lui livra. Il ne cessa dès lors de le faire fouetter à coups de badine et de s’approprier ses biens jusqu’à sa mort. On raconte qu’il le frappa dix-sept mille sept cents coups de fouet avant qu’il ne meure – Dieu seul le sait.

• Le même an, le Parwānā (2) prépara l’assassinat du sultan ‘Alā’ ad-Dīn (3), souverain de Konya, et plaça à sa place son fils Ghiyāth ad-Dīn (4), alors âgé de dix ans. Le Parwānā s’imposa dans le pays et sur les habitants, et l’armée du Rūm lui obéit.

• Toujours en cette année, aṣ-Ṣāḥib ‘Alā’ ad-Dīn, responsable du dīwān à Bagdad, tua le poète Ibn al-Khashkarī an-Nu‘mānī. La raison en est que de graves choses furent rapportées à son sujet, dont l’affirmation selon laquelle il tenait son propre poème pour supérieur au Glorieux Coran. Or il advint qu’aṣ-Ṣāḥib descendit jusqu’à Wāsiṭ, et lorsqu’il se trouva à an-Nu‘māniyyah, Ibn al-Khashkarī se présenta devant lui et lui récita une poésie qu’il avait composée à son éloge. Tandis qu’il récitait, le muezzin lança l’appel à la prière, si bien qu’aṣ-Ṣāḥib demanda qu’on fît silence. Ibn al-Khashkarī répliqua : « Ô mon maître, écoute plutôt quelque chose de nouveau, et laisse de côté ce qui existe depuis des années. » Ainsi aṣ-Ṣāḥib confirma-t-il ce que l’on racontait déjà à son propos. Toutefois, il s’entretint avec lui en feignant de ne rien désapprouver de ses dires, jusqu’à ce qu’il vérifiât ce qu’il en était. Il constata alors que c’était un zindīq (hérétique). Lorsque aṣ-Ṣāḥib reprit la route, il dit à l’un de ses compagnons : « Trouve un moment isolé en chemin et tue-le. » Cet homme marcha donc avec lui jusqu’à ce qu’ils fussent éloignés du monde, puis il ordonna à quelques-uns de ses hommes : « Faites-le descendre de sa monture comme si vous plaisantiez. » Ils l’y contraignirent, et il les insulta et les maudit. L’homme leur dit : « Retirez-lui ses vêtements. » Ils les ôtèrent, tandis que la victime les réprimandait : « Vous êtes des rustres et ce divertissement est des plus insipides ! » Puis il s’exclama : « Tranchez-lui la tête ! » L’un d’eux s’avança et, d’un coup d’épée, la lui trancha.

• La même année, mourut le shaykh ‘Afīf ad-Dīn Yūsuf ibn al-Baqqāl (5), maître du ribāṭ al-Marzubāniyyah. C’était un homme pieux, intègre et ascète. On raconte qu’il disait de lui-même : « Un jour que je me trouvais en Égypte, la nouvelle me parvint du terrible massacre qui s’était produit à Bagdad durant la sédition des Tatars. Mon cœur s’en indigna et je demandai : “Ô mon Seigneur, comment est-ce possible ? Il y a parmi eux des enfants et des innocents !” Puis je fis un songe : j’y vis un homme portant un livre. Je le pris et le lus, et j’y trouvai ces vers qui me reprochaient mon indignation : »

“Renonce à toute objection, car l’affaire ne te revient pas,
ni le jugement sur les mouvements de la voûte céleste.
Ne questionne pas Dieu au sujet de Ses actes :
quiconque s’aventure dans l’onde profonde d’une mer s’y noie.”

(1) Appendice de Mirʾāt al-Zamān (2/374). (2) Dans l'appendice de Mirʾāt al-Zamān (2/403) et dans le Mukhtaṣar d'Abū al-Fidāʾ (4/5) : Rukn ad-Dīn Qalīḥ Arslān ibn Kaykhosrow. Dans ʿIbar (5/285) et al-Nujūm al-Zāhira (7/226) : Rukn ad-Dīn Kayqubādh ibn Kaykhosrow ibn Qilij Arslān. Ces sources rectifient l'orthographe des deux noms. (3) Dans l'appendice de Mirʾāt al-Zamān (2/387) et (2/406) : Ghayāth ad-Dīn Kaykhosrow. (4) Sa notice biographique se trouve dans le livre intitulé al-Ḥawādith fī Wafayāt hādhihi al-Sanah. (5) A, B : Bi Qalbī (« Avec mon cœur »).
وفيها: رافع ضياء الدين بن الفقاعي (١) للصاحب بهاء الدين بن الحنا عند الظاهر واستظهر عليه ابن الحنا، فسلَّمه الظاهر إليه، فلم يزل يضربه بالمقارع ويستخلص أمواله إلى أن مات، فيقال إنه ضربه قبل أن يموت سبعة عشر ألف مقرعة وسبعمئة فالله أعلم. وفيها: عمل البرواناه على قتل الملك علاء الدين (٢) صاحب قونية وأقام ولده غياث الدين (٣) مكانه وهو ابن عشر سنين، وتمكن البرواناه في البلاد والعباد وأطاعه جيش الروم. وفيها: قتل الصاحب علاءُ الدين صاحبُ الديوان ببغداد ابنَ الخشكري النعماني الشاعر، وذلك أنه اشتهر عنه أشياء عظيمة، منها أنه يعتقد فضل شِعْرِه على القرآن المجيد، واتفق أن الصاحب انحدر إلى واسط فلما كان بالنعمانية حضر ابن الخشكري عنده وأنشده قصيدة قد قالها فيه، فبينما هو ينشدها بين يديه إذ أذَّن المُؤَذِّنُ فاستنصته الصاحب، فقال ابن الخشكري: يا مولانا اسمع شيئًا جديدًا، وأعرض عن شيء له سنين، فثبت عند الصاحب ما كان يقال عنده عنه، ثم باسطه وأظهر أنه لا ينكر عليه شيئًا مما قال حتى استعلم ما عنده، فإذا هو زنديق، فلما ركب قال لإنسان معه: استفرده في أثناء الطريق واقتله، فسايره ذلك الرجل حتى إذا انقطع عن الناس قال لجماعة معه: أنزلوه عن فرسه كالمداعب له، فأنزلوه وهو يشتمهم ويلعنهم، ثم قال انزعوا عنه ثيابه فسلبوها وهو يخاصمهم، ويقول إنكم أجلافٌ، وإن هذا لعب بارد، ثم قال: اضربوا عنقه، فتقدم أحدهم فضربه بسيفه فأبان رأسه. [وفيها توفي] الشيخ عفيف الدين يوسف بن البقال (٤) شيخ رباط المرزبانية. كان صالحًا ورعًا زاهدًا حكى عن نفسه قال: كنتُ بمصر فبلغني ما وقع من القتل الذريع ببغداد في فتنة التتار، فأنكرت في قلبي (٥) وقلت: يا ربِّ كيف هذا وفيهم الأطفال ومن لا ذنب له؟ فرأيتُ في المنام رجلًا وفي يده كتاب فأخذته فقرأتُه فإذا فيه هذه الأبيات فيها الإنكار عليّ: [المتقارب] دعِ الاعتراضَ فما الأمرُ لكْ … ولا الحكمُ في حَركاتِ الفَلَكْ ولا تسألِ اللهَ عن فعلهِ … فمنْ خاضَ لجَّةَ بحْرٍ هَلَكْ
(١) ذيل مرآة الزمان (٢/ ٣٧٤). (٢) في ذيل مرآة الزمان (٢/ ٤٠٣) ومختصر أبي الفداء (٤/ ٥): ركن الدين قليح أرسلان بن كيخسرو. وفي العبر (٥/ ٢٨٥) والنجوم الزاهرة (٧/ ٢٢٦) ركن الدين كيقباذ بن كيخسرو بن قلج أرسلان. وفيه ضبط للاسمين. (٣) في ذيل مرآة الزمان (٢/ ٣٨٧) و (٤٠٦): غياث الدين كيخسرو. (٤) ترجمته في الكتاب المسمى بالحوادث في وفيات هذه السنة. (٥) أ، ب: بقلبي.

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