Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

L’Au-delà

(1) Le sultan quitta les domaines égyptiens à la tête de ses armées victorieuses. Il s’installa par surprise devant la ville de Jaffa, qu’il prit d’assaut. Ses habitants lui livrèrent alors leur citadelle par traité. Il les expulsa vers Acre et détruisit la forteresse ainsi que la ville. [En effet, les Francs s’étaient appliqués à la bâtir et à la fortifier, mais il la réduisit à un champ de ruines pour qu’ils ne puissent y revenir.] Au mois de Rajab, il partit de là en direction de la forteresse d’al-Chuqayf. En chemin, il intercepta un courrier des Francs transportant une missive adressée par les gens d’Acre à ceux d’al-Chuqayf, leur annonçant l’arrivée imminente du sultan et leur donnant ordre de consolider la place et de se hâter de réparer les points vulnérables susceptibles de mettre la ville en danger.

(2) Le sultan comprit alors le moyen de s’emparer de la place et sut, pour reprendre leur expression, « par où l’on mange l’épaule ». Il fit aussitôt appeler un homme parmi les Francs et lui ordonna d’écrire à son nom une lettre, dans leur langue, destinée aux habitants d’al-Chuqayf. Il y mettait le roi en garde contre le vizir et le vizir contre le roi, semant ainsi la discorde dans les hautes sphères du pouvoir. Cette lettre leur parvint et, par la volonté et la force divines, la discorde éclata parmi eux. Le sultan arriva, les assiégea et les bombarda avec des mangonneaux, si bien qu’ils lui livrèrent la forteresse le vingt-neuvième jour de Rajab. Il les expulsa alors vers Tyr et envoya le butin (les dépouilles) à Damas.

(3) Il repartit ensuite en chevauchée rapide avec les membres les plus alertes de son armée et lança un raid sur Tripoli et ses environs : il y mit à sac, tua, puis rebroussa chemin chargé de succès et de victoire. Il s’arrêta près de la forteresse d’al-Akrad, dans la plaine en contrebas ; ses habitants francs vinrent lui présenter des vivres, mais il refusa de les accepter en déclarant : « Vous avez tué un de mes soldats ; je réclame son prix de sang, qui s’élève à cent mille dinars. » Il reprit sa route et se rendit à Homs, puis à Hama, puis à Fâmia.

(4) Il poursuivit sa marche d’une étape de plus, puis repartit de nuit, faisant avancer l’armée. Les soldats s’équipèrent et chevauchèrent hardiment jusqu’à entourer la ville d’Antioche. Ainsi se réalisa la conquête d’Antioche par la main du sultan, al-Malik al-Zâhir. C’était une cité vaste et abondante en ressources. On rapporte que le pourtour de son rempart mesure douze milles, qu’elle compte cent trente-six tours et que le nombre de ses créneaux s’élève à vingt-quatre mille.

(5) Il installa son camp devant la ville au début du mois de Ramadan, et il en sortit

(1) Chez A : « منها ». (2) Chez B : « ففي أثناء », et chez A : « وفي أثناء ». (3) Chez Ṭ : « قدوم ». (4) Chez A et B : « الأثقال », de même pour la version rapportée dans le Ta‘līt al-Mar’ā (2/382). (5) Dans le chapitre final du Mir’āt al-Zamān (2/382) : « فحضر إليه رسول بإقامة وضيافة ». Le sens de « الإقامات » est ce dont une personne a besoin durant son séjour. (6) Chez A et B : « أفامية ». Les deux lectures sont possibles, comme mentionné dans le Ma‘jam al-Buldān (1/233). C’est une grande ville des côtes de Ḥimṣ. Je dis : Afāmiyya se trouve aujourd’hui sur la rive droite du fleuve al-‘Āṣī, à 55 km au nord-ouest de Ḥamā, dominant la plaine de al-Ghāb, et conserve des vestiges des périodes romaine et byzantine. (7) Chez B : « كيفية فتح أنطاكية ». (8) Chez A : « وكان ».
الآخرة (١) خرج السلطانُ من الديار المصرية بالعساكر المنصورة، فنزل على مدينة يافا بغتةً فأخذها عنوةً، وسلّم إليه أهلها قلعتَها صلحًا، فأجلاهم منها إلى عكا وخرَّبَ القلعةَ والمدينة [أيضًا وكان الفرنج اعتنوا بعمارتها وتحصينها فجعلها بلقعًا لئلا يكون لهم إليها عودة] وسار منها في رجب قاصدًا حصن الشقيف، وفي بطن (٢) الطريق أخذ من بعض بريدية الفرنج كتابًا من أهل عكا إلى أهل الشّقيف يعلمونهم بقدوم (٣) السلطان عليهم، ويأمرونهم بتحصين البلد، والمبادرة إلى إصلاح أماكن يخشى على البلد منها. ففهم السلطان كيف يأخذ البلد وعرف من أين تؤكل الكتف، واستدعى من فوره رجلًا من الفرنج فأمره أن يكتب بدله كتابًا على ألسنتهم إلى أهل الشقيف، يحذّر الملك من الوزير، والوزير من الملك، ويرمي الخلفَ بين رجال الدولة، فوصل إليهم فأوقع الله الخلفَ بينهم بحوله وقوته، وجاء السلطان فحاصرهم ورماهم بالمنجنيق فسلموه الحصن في التاسع والعشرين من رجب وأجلاهم إلى صور، وبعث بالأنفال (٤) إلى دمشق، ثم ركب جريدة فيمن نشط من الجيش فشنَّ الغارةَ على طرابلس وأعمالها، فنهبَ وقتلَ وكرّ راجعًا مؤيَّدًا منصورًا، فنزل على حصن الأكراد تحته في المرج، فحمل إليه أهله من الفرنج الإقامات (٥) فأبى أن يقبلها وقال: أنتم قتلتم جنديًا من جيشي وأريد ديته مئة ألف دينار، ثم سار فنزل على حمص، ثم منها إلى حماة، ثم إلى فامية (٦) ثم سار منزلة أخرى، ثم سار ليلًا وتقدم العسكر فلبسوا العدة وساق حتى أحاط بمدينة أنطاكية. فتح (٧) أنطاكية على يد السلطان الملك الظاهر وهي مدينة عظيمة كثيرة الخير، يقال إن دور سورها اثنا عشر ميلًا، وعدد بروجها مئة وستة وثلاثون برجًا، وعددُ شُرُفاتها أربعةٌ وعشرون ألف شرافة، كان (٨) نزوله عليها في مستهل شهر رمضان، فخرج
(١) بعدها في أ: منها. (٢) ب: ففي أثناء، وفي أ: وفي أثناء. (٣) ط: قدوم. (٤) أ، ب: الأثقال، وكذا هي رواية ذيل المرآة (٢/ ٣٨٢). (٥) في ذيل مرآة الزمان (٢/ ٣٨٢) فحضر إليه رسول بإقامة وضيافة. ومعنى الإقامات: ما يحتاجه المرء خلال إقامته. (٦) أ، ب: أفامية، ويجوز الوجهان كما في معجم البلدان (١/ ٢٣٣) وهي مدينة كبيرة من سواحل حمص. قلت: أفامية اليوم تقع على الضفة اليمنى من نهر العاصي على بعد ٥٥ كم شمال غرب حماة وهي تشرف على سهل الغاب وفيها آثار من العهدين الروماني والبيزنطي. (٧) ب: كيفية فتح أنطاكية. (٨) أ: وكان.

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