Au mois de Rajab (1) de cette année, il fut rapporté qu’il subit une épreuve à son domicile, près des moulins d’al-Achnān. Ceux qui l’ont finalement tué étaient déjà venus auparavant pour le frapper afin qu’il meure, mais il survécut. On lui dit alors : « Ne porteras-tu pas plainte contre eux ? » ; il ne le fit pas et se mit à réciter (2) :
[Dans le mètre as-sarî‘]
« J’ai dit à celui qui affirmait : “Ne vas-tu pas te plaindre
De ce qui s’est passé ? Car c’est une chose grave et solennelle.”
Or Dieu, exalté soit-Il, nous dépêchera
Celui qui rétablira le droit et apaisera toute rancune.
Si nous nous en remettons à Lui, Il nous suffit ;
Dieu nous suffit, quel excellent Garant ! » (3)
Il semble qu’ils revinrent une seconde fois alors qu’il se trouvait dans la même demeure et le tuèrent définitivement au cours de la nuit du mardi, dix-neuvième jour de Ramaḍān (4) – qu’Allah lui fasse miséricorde. Il fut inhumé le jour même dans les cimetières de Bāb al-Farādīs (5). Après lui, la fonction de cheikh de la Dār al-Ḥadīth al-Ashrafiyyah fut assumée par le shaykh Muḥyī l-Dīn al-Nawawī (6).
[[La naissance de al-Qāsim ibn Muḥammad al-Barzalī]]
Cette année-là naquit le ḥāfiẓ ʿAlam al-Dīn al-Qāsim ibn Muḥammad al-Barzalī (7). Il rédigea un complément à l’œuvre historique d’Abū Shāmah, car sa naissance eut lieu l’année même où mourut ce dernier : il suivit ainsi sa méthode, adopta sa voie, organisa son texte selon la même disposition et l’épure de la même façon. De même, on cite en guise d’hommage, dans sa biographie (8) :
[Dans le mètre al-basīṭ]
« Tu n’as cessé de t’appliquer à écrire l’histoire
Jusqu’à ce que je te voie, toi aussi, inscrit dans l’Histoire. »
Il convient également de réciter ici [les vers du poète] :
[Dans le mètre aṭ-Ṭawīl]
« Quand l’un de nos dignitaires s’en va, aussitôt un autre se lève,
Prompt à agir conformément à ce que les nobles profèrent. »
[Ensuite arriva l’année six cent soixante-six]
L’année débuta tandis que le calife (9) était un ʿAbbasside, et que le souverain du pays était al-Malik al-Ẓāhir. Dès le début de Jumādā