Au cours de cette année, Abgha rencontra Monkotemur, qui avait succédé à Baraka Khan. Abgha le vainquit et s’empara d’un butin considérable.
Ibn Khallikân rapporte, d’après un récit de la main du cheikh Qutb ad-Dîn al-Yûnînî (1), qu’ils apprirent l’histoire d’un homme vivant à Dayr Abî Salama, dans la région de Bosra. Cet individu, porté à la débauche et à l’inconduite, entendit venter les mérites du siwâk (bâton d’arak servant à se nettoyer les dents). Il déclara alors : « Par Dieu, je ne l’emploierai que dans la sortie », c’est-à-dire son anus. Il saisit un siwâk, l’introduisit dans son anus puis le retira. Par la suite, il passa neuf mois à se plaindre de douleurs au ventre et au rectum, jusqu’à ce qu’il fût saisi de douleurs semblables à celles de l’enfantement (2). Il mit alors au monde un être qui ressemblait à un rat, muni de quatre (3) pattes et dont la tête était celle d’un poisson, [pourvu de quatre crocs saillants et d’une longue queue d’à peu près une empan et quatre doigts], et possédant un derrière semblable à celui d’un lapin. Lorsqu’il se manifesta, l’animal poussa trois cris. La fille de cet homme se leva alors, lui écrasa la tête et le tua. Le père survécut deux jours à cet événement, puis mourut le troisième, en déclarant : « Cet animal m’a tué et m’a déchiré les entrailles. » Des habitants de cette région et les prédicateurs de l’endroit ont attesté ce fait. Certains ont vu cet être vivant et d’autres l’ont vu après sa mort.
[Parmi ceux qui sont décédés parmi les notables figurait] le sultan Baraka Khan (4) ibn Tûshî ibn Gengis Khan (5). Il était le cousin de Hülagü et il s’était converti à l’islam. Baraka Khan aimait les savants et les hommes pieux. L’une de ses plus grandes actions louables fut d’avoir vaincu Hülagü et dispersé ses troupes. Il était en relation fidèle avec le roi az-Zâhir, qu’il honorait et dont il accueillait les émissaires avec estime, en leur accordant beaucoup de présents. Après sa mort, un membre de sa famille lui succéda : Monkotemur ibn Tughân ibn Bâbû (6) ibn Tûlî ibn Gengis Khan, lequel demeura dans la même voie que lui, louange à Dieu.
Quant au Qâdî al-qudât (7) du pays d’Égypte, il s’agit de Tâj ad-Dîn ‘Abd al-Wahhâb ibn Khalaf ibn Maḥmûd ibn Badr ibn Bint al-A‘azz.