Il institua (1) à Damas quatre juges, un pour chaque école de droit, comme cela avait été fait en Égypte l’année précédente (2), alors que le gouverneur de Syrie était Āqūsh an-Najībī.
[En cette même année, les nominations arrivèrent pour que les juges des trois écoles assument la fonction de « Qāḍī al-Quḍāt » (juge suprême). Ainsi, chaque rite disposait alors d’un Qāḍī al-Quḍāt. Le poste relevant du rit chaféite fut confié à Shams ad-Dīn Aḥmad ibn Muḥammad ibn Ibrāhīm]
Ibn Khallikān (3)
[al-Barmakī. Quant à la fonction de]
juge pour les ḥanafites, elle revint à Shams ad-Dīn ʿAbd Allāh ibn Muḥammad ibn ʿAṭāʾ (4), et pour les ḥanbalites à Shams ad-Dīn ʿAbd ar-Raḥmān, fils du shaykh Abū ʿUmar (5)
[Muḥammad ibn Aḥmad ibn Qudāma].
Le poste malékite fut attribué à ʿAbd as-Salām ibn az-Zawāwī (6), qui refusa d’abord la charge, mais on l’y obligea jusqu’à ce qu’il finisse par accepter, puis il se démit de ses fonctions. On l’y contraignit de nouveau et il consentit à la condition de ne pas s’occuper des biens de mainmorte (awqāf) ni de percevoir de salaire (jāmkiyya) pour
[le jugement (7)]. Sa requête fut acceptée ; de même que le juge ḥanbalite ne perçut aucun salaire
[pour ses jugements].
Il déclara : « Nous disposons déjà de ce qu’il nous faut », et fut dispensé à ce titre.
Cette mesure inédite avait déjà été appliquée l’année précédente en Égypte, comme mentionné plus haut (8), et la situation se stabilisa ainsi.
La même année, on acheva la construction du bassin situé à l’est du canal de la poste : on y édifia un revêtement (shādhrawān), un dôme et des canalisations (9) qui amenaient l’eau au niveau de la porte nord (10).
Toujours cette année-là, al-Ẓāhir assiégea Ṣafad (11), demanda l’envoi d’engins de siège (mangonneaux) depuis Damas et encercla la place ; il ne cessa le siège qu’après l’avoir conquise. Les habitants se rendirent à sa discrétion. Il s’empara de la ville un vendredi, le dix-huit Shawwāl
[de cette année],
exécuta les combattants et réduisit en captivité les familles derrière eux. Ṣalāḥ ad-Dīn Yūsuf ibn Ayyūb (12) avait déjà conquis Ṣafad au mois de Shawwāl de l’année 584, puis les Francs (13) l’avaient reprise. Al-Ẓāhir la leur arracha de force cette année-là, louange à Dieu (14). Le sultan al-Ẓāhir était alors à