Il (1) envoya des planches, du plomb et de nombreux équipements pour la construction de la Mosquée du Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui), et il expédia une chaire (minbar) qui fut érigée sur place.
Cette même année, un grand incendie se déclencha dans les terres d’Égypte et l’on en accusa les chrétiens, de sorte que le roi al-Ẓāhir leur infligea une lourde punition.
Toujours cette année-là (2), l’on apprit que le sultan des Tatars, Hülagü, périt — que la malédiction de Dieu et Sa colère soient sur lui — le septième jour de Rabi‘ al-Âkhir, terrassé par l’épilepsie dans la ville de Marâgha. Il fut inhumé dans la forteresse de Tallâ, sur laquelle on édifia un dôme. Les Tatars se rallièrent alors à son fils Abâqâ. C’est alors que le roi Berké Khan se mit en campagne contre lui, le vainquit et dispersa ses troupes. Le roi al-Ẓāhir se réjouit grandement de cette nouvelle et songea à rassembler ses armées pour conquérir les terres d’Irak, mais ne put y parvenir en raison de la dispersion des troupes dans les districts (iqtâ‘ât).
Cette même année, le 12 de Shawwâl, le roi al-Ẓāhir intronisa son fils, le roi as-Sa‘îd Muḥammad Barakah Khan (3). Il obtint pour lui l’allégeance des émirs, le fit monter à cheval tandis que les émirs s’avançaient devant lui. Le roi al-Ẓāhir (4) porta lui-même la ghâshiya, et l’émir Badr ad-Dîn Baysarî [ash-Shamsî] portait l’étendard royal (jitr) (5). Le cadi Tâj ad-Dîn [fils de Bint al-A‘azz] et le vizir Bahâ’ ad-Dîn ibn Ḥannâ chevauchaient devant lui. Les notables parmi les émirs chevauchaient également, tandis que les autres suivaient à pied, et ils traversèrent ainsi Le Caire. Ce fut un jour mémorable.
Au mois de Dhû al-Qa‘dah, al-Ẓâhir organisa la circoncision de son fils, le roi as-Sayyid susmentionné, et fit circoncire avec lui plusieurs fils d’émirs. Ce fut là encore un jour mémorable (6).
Cette année (7) vit la mort de [az-Zayn] Khâlid ibn Yûsuf ibn Sa‘d an-Nâbulsî (8), shaykh Zayn ad-Dîn, fils de l’hâfiẓ qui dirigeait la Dâr al-Ḥadîth an-Nûriyya à Damas. Il était érudit dans la science du hadith et maîtrisait parfaitement la connaissance des narrateurs. Le shaykh Muḥyî ad-Dîn an-Nawawî (9) étudia auprès de lui dans ce domaine.