Dans la partie sud (al-ṣaff al-qiblī) de l’édifice, on construisit un bassin et un châdhrawān. Auparavant, on y trouvait un canal dont les gens tiraient profit lorsqu’était interrompu le cours du fleuve Baniyās, puis ce canal fut transformé et on y érigea ce châdhrawān. [Je précise] : plus tard, on le modifia de nouveau et on bâtit à sa place des échoppes.
Cette même année, al-Ẓāhir convoqua son lieutenant à Damas, l’émir Āqūsh, qui se rendit aussitôt auprès de lui en toute obéissance. Durant son absence, l’émir ʿAlam al-Dīn al-Ḥuṣnī administra la ville jusqu’à ce qu’il revienne, honoré et élevé en dignité.
La même année, le roi (al-malik) al-Ẓāhir nomma en Égypte des juges issus des autres écoles juridiques, chacun exerçant son office de manière indépendante et habilité à désigner des juges dans les provinces, à l’exemple du juge šāfiʿite. Ainsi, le poste de juge šāfiʿite revint à Tāj ʿAbd al-Wahhāb ibn Bint al-Aʿazz, celui de juge ḥanafite à Šams al-Dīn Sulaymān, celui de juge mālikite à Šams al-Dīn al-Subkī et celui de juge ḥanbalite à Šams al-Dīn Muḥammad al-Maqdisī. Cette nomination eut lieu le lundi 22 Dhū al-Ḥijja à la Dār al-ʿAdl. La raison de ces nouvelles charges tenait au fait que le qāḍī Tāj al-Dīn ibn Bint al-Aʿazz hésitait souvent à statuer sur des cas qui contrevenaient au madhhab šāfiʿite tout en s’accordant avec d’autres écoles. L’émir Jamāl al-Dīn Aydghadī al-ʿAzīzī suggéra alors au sultan de désigner un juge indépendant pour chaque école, chacun jugeant selon les principes de son rite. Le sultan acquiesça, car il estimait son avis et ses conseils.