Et, [en résumé], « Celui qui vient en aide à un injuste sera soumis à lui » (1). En effet, Dieu châtie l’oppresseur par l’intermédiaire d’un autre oppresseur, puis Il châtie tous les oppresseurs. Nous demandons à Dieu Sa protection contre Son châtiment, Sa colère, Sa punition et contre la malveillance de Ses serviteurs.
[Puis arriva l’année six cent soixante-trois]
En cette année, le sultan [roi] Al-Ẓāhir envoya une grande et imposante armée vers la région de l’Euphrate pour chasser les Tatars établis à al-Bīrah (2). Lorsque ces derniers apprirent l’arrivée des troupes [d’Al-Ẓāhir], ils prirent la fuite (3). Ainsi, cette contrée recouvra la tranquillité et sa population put vivre en sécurité : auparavant, elle n’avait pu être habitée en raison de la corruption et de la crainte qui y régnaient. La région fut donc repeuplée et sécurisée.
La même année, le roi Al-Ẓāhir sortit avec ses armées et se dirigea vers les terres côtières afin de combattre les Francs (4). Il conquit Césarée en l’espace de trois heures, le jeudi huit Jumādā I, jour (5) de son arrivée, puis s’empara de sa citadelle le jeudi suivant, le quinze du mois, qu’il fit détruire avant de se porter ailleurs. Par la suite, la nouvelle parvint qu’il avait conquis la cité d’Arsouf (6) et y avait tué les Francs qui s’y trouvaient. Les courriers (7) annoncèrent la victoire, et dans les contrées musulmanes on célébra cet événement, qui suscita une grande joie.
La même année, un rapport (8) en provenance des terres du Maghreb annonça qu’ils avaient remporté la victoire sur les Francs, en tuant quarante-cinq mille d’entre eux (9) et en en faisant dix mille prisonniers. Ils avaient également reconquis quarante-deux (10) localités, dont Jerez (11), Séville, Cordoue et Murcie. La victoire fut acquise le jeudi quatorze Ramadān (12) de l’an six cent soixante-deux.
Au mois de Ramadān de cette même année, on commença à paver la porte du Barīd, depuis la porte de la Grande Mosquée jusqu’au canal (13) qui se trouve près des marches.