C’était un savant vertueux et pieux. Il séjourna un temps à Alep, puis passa par Damas en se rendant en Égypte. (1) Il assuma la direction de Dâr al-Ḥadith al-Kâmiliyya après Zakî al-Dîn ʿAbd al-ʿAẓîm al-Mundhirî (2). Il avait acquis une solide audition du hadith à Bagdad et ailleurs, et il avait dépassé soixante-dix ans (3).
Al-Qabbârî (4) était le vertueux cheikh Muḥammad ibn Manṣūr ibn Yaḥyâ, Abû al-Qâsim al-Qabbârî, originaire d’Alexandrie. Il résidait dans un champ dont il se nourrissait, le cultivait et y semait ; il faisait preuve d’une grande piété et offrait aux gens de ses récoltes. Il mourut le six Shaʿbân [de cette année] à Alexandrie, à l’âge de soixante-quinze ans. Il commandait le bien et interdisait le mal, réprimandait les gouverneurs lorsqu’ils commettaient des injustices, et ils l’écoutaient et lui obéissaient grâce à son ascèse. Lorsqu’on venait lui rendre visite, il ne s’adressait à ses visiteurs qu’à travers une lucarne de la maison, et ils s’en satisfaisaient.
Parmi les faits singuliers rapportés à son sujet, on raconte qu’il vendit une monture à un homme. Quelques jours plus tard, cet homme revint en disant : « Ô mon maître, la bête que j’ai achetée de toi ne mange rien chez moi. » Le cheikh l’observa et lui demanda : « De quoi vis-tu ? » L’autre répondit : « Je suis danseur (raqqâṣ) auprès du gouverneur. » Le cheikh lui dit alors : « Notre bête ne se nourrit pas de gains illicites. » Il rentra chez lui et remit à l’homme quelques pièces de monnaie mêlées à d’autres pièces indistinguables. Les gens rachetèrent chaque dirham au danseur contre trois, par recherche de bénédiction, et celui-ci rendit la monture. Lorsque le cheikh mourut, il laissa un mobilier qui valait environ cinquante dirhams, mais il fut vendu pour vingt mille.
Abû Shâma (9) dit : « Le vingt-huitième jour de Ramaḍân, Muḥyî al-Dîn ʿAbd Allâh ibn Ṣafî al-Dîn Ibrâhîm ibn Marzûq est décédé dans sa demeure de Damas, à proximité de l’école an-Nûriyya – qu’Allâh lui fasse miséricorde. »