Au cours de cette même année, Naṣīr al-Dīn al-Ṭūsī (1) arriva à Bagdad de la part de Hülagü (2). Il examina les fondations pieuses (awqāf) et les conditions de la ville, puis s’empara d’un grand nombre de livres (3) dans toutes les médersas avant de les transférer à son observatoire (4) qu’il avait construit à Marāgha. Ensuite, il se rendit à Wāsiṭ et à Baṣra.
La même année vit également la mort du roi al-Ashraf (5) Mūsā, fils du roi al-Manṣūr Ibrāhīm, lui-même fils du roi al-Mujāhid Asad al-Dīn Shīrkūh, fils de Nāṣir al-Dīn Muḥammad, fils du grand Asad al-Dīn Shīrkūh. Ces souverains régnaient sur Ḥimṣ (Homs) de génération en génération jusqu’à cette époque. Il était renommé pour sa grande générosité (6), figurant parmi les notables les plus fortunés de Damas. Il veillait à l’agrément de ses repas et de ses boissons (7), à la somptuosité de ses vêtements et de ses montures, ainsi qu’à la satisfaction de ses désirs et de ses projets, profitant pleinement des plaisirs, des divertissements et des proches aimés. Puis tout cela disparut comme s’il n’avait jamais existé, semblable à un songe confus ou à une ombre fugace, ne laissant que ses conséquences, ses châtiments, son règlement de comptes et la honte qui l’accompagne.
À sa mort, on découvrit dans ses coffres de nombreux joyaux précieux et une grande fortune. Son royaume (8) passa alors à la dynastie Ẓāhiriyya, et l’administration de ses territoires fut confiée à Ḥusām al-Dīn Lājīn (9) issu des Mamlūks Bahrites. Au cours de cette même année, l’émir Ḥusām al-Jūkandār, gouverneur d’Alep, mourut également.
Cette année-là, les Tatars essuyèrent une défaite (cassure) près de Ḥimṣ, et leur chef Baydara fut tué par le décret divin et Sa volonté gracieuse. Toujours la même année, al-Rashīd al-ʿAṭṭār (10), le spécialiste du ḥadīth (muhaddith) en Égypte, trouva la mort.