Puis débuta l’année six cent soixante-deux (de l’Hégire) (1). Le calife abbasside était alors al-Ḥākim bi-Amr Allāh, le sultan al-Ẓāhir Baybars, le gouverneur de Damas l’émir Jamāl al-Dīn Āqouch an-Najībī (2), et son juge [Shams al-Dīn] Ibn Khallikān (3).
Au cours de cette même année, au tout début, fut achevée la madrasa al-Ẓāhiriyya située entre les deux palais, et l’on nomma le cadi Taqī al-Dīn Muḥammad ibn al-Ḥusayn ibn Razīn (4) pour y enseigner le madhhab shāfiʿite, ainsi que Majd al-Dīn ʿAbd al-Raḥmān ibn Kamāl al-Dīn ʿUmar ibn al-ʿAdīm (5) pour y enseigner le madhhab ḥanafite. Quant à la direction de l’enseignement du ḥadīth, elle fut confiée au shaykh Sharaf al-Dīn ʿAbd al-Muʾmin (6) ibn Khalaf al-Ḥāfiẓ al-Dimyāṭī (7).
Toujours cette année-là, al-Ẓāhir fit édifier à Jérusalem un khān (8) et établit pour celui-ci des donations pieuses (awqāf) destinées aux voyageurs qui y séjourneraient, afin de pourvoir à la réparation de leurs chaussures, à leur subsistance et à d’autres besoins. Il y construisit également un moulin et un four.
Cette même année encore, les émissaires de Berké Khān arrivèrent auprès du sultan al-Ẓāhir, accompagnés de l’al-Ashraf Ibn al-Shihāb Ghāzī ibn al-ʿĀdil, apportant documents et messages oraux qui furent une source de joie pour l’Islam et ses fidèles, du fait de ce qui était advenu à Hülegü et à son armée.
En Jumādā al-Ākhira de cette même année, le shaykh Shihāb al-Dīn Abū Shāma ʿAbd al-Raḥmān ibn Ismāʿīl al-Maqdisī (9) donna son premier cours à la Dār al-Ḥadīth al-Ashrafiyya, après le décès du [cadi] ʿImād al-Dīn ibn al-Ḥarastānī. Le cadi [Shams al-Dīn] Ibn Khallikān ainsi qu’un groupe de juges (10) et de notables y assistèrent. Il évoqua le prologue de son ouvrage « al-Mabʿath », rapporta le ḥadīth avec sa chaîne de transmission et son texte, et mentionna de nombreuses observations remarquables. On raconte qu’il n’eut recours à aucune source, pas même ses notes de cours, et pour quelqu’un de sa stature, cela n’a rien d’étonnant (11). Dieu est plus savant.