La Nâṣiriyya al-Barrâniyya (1), située au pied de la pente (2), est l’un des édifices les plus singuliers et les plus beaux par son architecture, assurément solide, et se trouve au sud de la mosquée al-Afrm (3). Sa construction date d’une période nettement postérieure. De même, la Nâṣiriyya al-Jawâniyya (4), bâtie à l’intérieur de Bâb al-Farâdîs, compte parmi les plus remarquables madrasas. Il édifia également le grand khân en face du quartier de az-Zanjârî, où fut déplacée la Dâr al-ṭaʿm, laquelle se trouvait auparavant à l’ouest de la citadelle, dans l’actuelle écurie du sultan.
Au cours de cette même année, parmi les notables (5) qui décédèrent, on compte Aḥmad (6) ibn Muḥammad ibn ʿAbd Allâh (7) ibn Muḥammad ibn Yaḥyâ ibn Sayyid al-Nâs, Abû Bakr al-Yaʿmarî al-Andalusî al-Ḥâfiẓ. Né en l’an cinq cent quatre-vingt-dix-sept (597), il bénéficia d’une large audition (de ḥadîths et d’enseignements), réunit un grand nombre d’ouvrages, composa plusieurs écrits de valeur et fut le dernier des grands maîtres de ḥadîth (ḥuffâẓ) dans cette région. Il décéda à Tunis le vingt-quatrième (9) du mois de Rajab de cette même année.
Parmi ceux qui s’éteignirent également cette année-là figure ʿAbd ar-Razzâq ibn Rizq Allâh (10) ibn Abî Bakr ibn Khalaf, ʿIzz ad-Dîn Abû Muḥammad ar-Rassʿanî (11), reconnu comme traditionniste (muḥaddith) et exégète (mufassir).
(1) Al-Dāris (6/115) et Al-Qalāʾid al-Jawhariyya (1/880).
(2) A, B : Aghrab al-Amkina.
(3) Al-Dāris (6/115) J'ai dit : Ce cimetière est toujours en place aujourd'hui sur la route des migrants en face de Tallat al-Bāshaktab.
(4) Al-Dāris (1/459) et Munādamat al-Aṭlāl (149).
(5) A, B : Parmi ceux qui y sont décédés.
(6) Ainsi est-il noté dans les éditions originales et imprimées, ce qui est une erreur, car c'est inversé : la correction est Muḥammad ibn Aḥmad ibn ʿAbd Allāh, comme l'indique la calligraphie d'al-Ḥusaynī dans le Iṣlaḥ al-Takmila (feuillet 209 de ma copie manuscrite) et la main de al-Dhahabī dans Tārīkh al-Islām (14/916). Ibn al-ʿAbbār, dans la biographie de son père Aḥmad ibn ʿAbd Allāh décédé en 618/1221, a dit : « Notre auteur, son fils Abū Bakr Muḥammad ibn Aḥmad (al-Takmila li-Kitāb al-Ṣila) (1/98) dans l'édition d'al-Harās. C’est l’ancêtre du ḥāfiẓ Fatḥ al-Dīn ibn Sayyid al-Nās, auteur de ʿUyūn al-Athar fī Funūn al-Maghāzī wa al-Shamāʾil wa al-Siyar, décédé en 734/1333 (Bashshār).
(7) Biographie d’Ibn Sayyid al-Nās dans al-Shadhārāt (7/528) et Tārīkh al-Islām (14/916). Décédé en 659/1261.
(8) A : avec cela.
(9) T : Décédé dans la ville de Tunis le 27e jour de Rajab, ce qui est une erreur et ne concorde pas avec ce qui est dans Ṣīlat al-Ḥusaynī ni dans Tārīkh al-Islām d’al-Dhahabī (Bashshār).
(10) Biographie d’al-Rasʿanī dans la note en bas de Mirʾāt al-Zamān (1/545) et (2/219), Tārīkh al-Islām (15/38), al-ʿIbar (5/64), al-Iʿlām bi-Wafayāt al-Aʿlām (276), an-Nujūm az-Zāhira (7/211) et al-Shadhārāt adh-Dhahabiyya (7/529). Dans l’édition imprimée : ʿAbd Allāh, ce qui est une erreur.
(11) Al-Rasʿanī : avec un rā ouvert, ʿayn médiane, et un sīn médiane en sukūn ; relatif à Ra’s al-ʿAyn, ville de l’île. Al-Shadhārāt (7/529).