Dieu est l’Unique, sans associé, et Muhammad est Son serviteur et Son Messager (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui). Que la bénédiction divine soit également sur sa famille et ses compagnons, astres de la guidée et modèles à suivre, en particulier les quatre (1) [califes], et sur al-‘Abbâs [son oncle qui] dissipa son affliction et fut le père des califes [bien-guidés et des imams vertueux], ainsi que sur l’ensemble des Compagnons (2) et tous ceux qui les suivront avec bienfaisance jusqu’au Jour du Jugement.
Ô gens, sachez que l’imâmat (direction religieuse) est une obligation parmi les obligations de l’Islam, et que le jihâd est prescrit à tous les hommes. L’instauration du jihâd n’est possible qu’avec l’union des serviteurs, et jamais les limites sacrées ne sont profanées qu’en violant ce qui est sacré ; jamais le sang n’est versé qu’en commettant des crimes (3). Si vous aviez pris garde aux ennemis de l’Islam, ils n’auraient pas (4) pénétré dans la Demeure de la paix ; ils n’auraient pas rendu licites le sang et les biens, ni tué hommes et enfants (5). Ils ont porté atteinte au sanctuaire du califat et aux lieux préservés, [infligeant un châtiment douloureux à ceux qui furent épargnés, si bien que les pleurs s’élevèrent], et les clameurs (6) se firent entendre face à l’horreur de cette longue journée. Que de vieillards ont vu leurs cheveux blancs se teindre de leur propre sang, et que d’enfants ont pleuré sans qu’on ait pitié de leurs larmes ! Retroussez donc vos manches, ô serviteurs [de Dieu] (7), pour redonner vie à l’obligation du jihâd : « Craignez Dieu autant que vous le pouvez, écoutez et obéissez, et dépensez (dans Sa cause) ; c’est un bien pour vous-mêmes. Quiconque est préservé de l’avarice de son âme, voilà ceux qui réussissent » (Coran 64, 16). Il n’y a plus désormais d’excuse pour l’inaction face aux ennemis de la religion et pour manquer à la défense des musulmans.
Voici le sultan al-Malik az-Zâhir, ce maître illustre, savant, juste, combattant et soutenu par Dieu, pilier du monde et de la foi ; il a porté secours à la fonction califale alors que les soutiens manquaient, et il a dispersé les armées de la mécréance après qu’elles eurent dévasté les demeures. Grâce à lui (8), l’allégeance est devenue un pacte solide, et l’État abbasside, sous son égide, a vu ses troupes s’accroître. Hâtez-vous, serviteurs de Dieu, de rendre grâce pour ce bienfait, purifiez vos intentions et vous serez secourus ; combattez les alliés de Satan et vous serez victorieux. Ne soyez pas effrayés par ce qui s’est produit : la guerre n’est que retournement de situations et, au final, c’est aux pieux qu’appartient la victoire. Les jours passent (9), et la récompense revient aux croyants. Puisse Dieu (10) unir vos cœurs sur la bonne voie, et renforcer votre victoire par la foi. Je demande pardon à Dieu [le Très-Grand] pour moi [et pour vous] et pour l’ensemble des musulmans. Implorez Son pardon, car Il est, en vérité, Celui qui pardonne et qui fait miséricorde.
Ensuite, il prononça le second sermon (11), descendit et accomplit la prière (12). Il envoya son acte d’allégeance dans toutes les régions afin qu’on y prononçât le prône en son nom, et la monnaie fut frappée sous son autorité.