Al-Ẓāhir dépensa pour lui jusqu’à lui constituer une armée de plus d’un million (1) de dinars, et il marcha à son service, entouré d’un grand nombre des plus hauts émirs et des fils du maître de Mossoul. Le roi al-Ṣāliḥ Ismāʿīl faisait partie de la délégation venue auprès d’al-Ẓāhir, qui l’envoya en compagnie du calife. Lorsque l’affrontement eut lieu, on perdit al-Mustanṣir et al-Ṣāliḥ retourna dans ses terres (2). Les Tatars vinrent alors l’assiéger, comme nous l’avons mentionné ; ils le tuèrent, dévastèrent son pays et massacrèrent ses habitants. Nous sommes à Dieu et c’est à Lui que nous retournons.
Al-ʿIzz al-Ḍarīr (3), le grammairien et linguiste, se nommait al-Ḥasan ibn Muḥammad ibn Aḥmad ibn Najā. Il était originaire de Naṣībīn (4) et grandit à Irbil, où il s’investit (5) dans de nombreuses sciences héritées des Anciens. Des gens parmi les ahl al-dhimma, comme d’autres, venaient étudier auprès de lui. On l’accusa d’être dissolu et d’avoir peu de religion, ainsi que d’abandonner la prière. Il était réputé intelligent, tout en ne l’étant pas vraiment : savant en langue mais ignorant de cœur, spirituellement rusé mais d’un comportement détestable. Il composa des poèmes, dont le shaykh Quṭb al-Dīn (6) cita une partie dans sa biographie. Il ressemble à Abū l-ʿAlāʾ al-Maʿarrī – qu’Allah les enlaidisse tous deux (8).
Ibn ʿAbd al-Salām (9), ʿAbd al-ʿAzīz ibn ʿAbd al-Salām ibn Abī (10) al-Qāsim ibn al-Ḥasan ibn Muḥammad al-Muhadhdhab, le shaykh ʿIzz al-Dīn [ibn ʿAbd al-Salām] (11), Abū Muḥammad al-Sulamī al-Dimashqī al-Shāfiʿī.
(1) A, B : Le sultan al-Zāhir dépensa pour lui jusqu'à lui établir une armée de mille mille (un million).
(2) A, B : Lorsque la bataille eut lieu et que al-Mustansir disparut, al-Ṣāliḥ retourna dans son pays.
(3) Traduction - al-ʿIzz al-Ḍarīr - in fine al-Rawḍatayn (216) et en appendice de Mirʾāt al-Zamān (1/501-504 et 2/165), Taʾrīkh al-Islām (14/930), Sīr Aʿlām al-Nubalāʾ (23/353-354), al-ʿIbar (5/259-260), Fawāt al-Wafayāt (1/362-365), al-Nujūm al-Zāhira (7/207-208), Bughyat al-Wuʿāh (1/518-519), Nukat al-Humayyān (143) et Shudhara al-Dhahab (3/521-522).
(4) Nāṣibīn, avec un fatḥa puis un kasra, est une ville de la région al-Jazīra sur la route caravanière de Mossoul à la Syrie, distante de neuf farsakhs de Sinjār, de six jours de marche de Mossoul et de deux jours dix farsakhs de Dīnīsar. (Muʿjam al-Buldān 5/228). Al-Yūnīnī mentionne (2/167) que al-ʿIzz venait d'un village nommé Afshā dans la région de Nāṣibīn.
(5) A, B : Il s’adonne à de nombreux savoirs.
(6) A, B : Il était intelligent, mais pas génie ; il a une poésie bonne et claire qu'il a rapportée.
(7) Appendice de Mirʾāt al-Zamān (1/501-502 et 2/166-170).
(8) A, B : Et ce ḍarīr (aveugle) est semblable.
(9) Traduction - al-ʿIzz ibn ʿAbd al-Salām - in fine al-Rawḍatayn (216) et appendice de Mirʾāt al-Zamān (1/505-516 et 2/172-176), Taʾrīkh al-Islām (14/933), al-Iʿlām bi-Wafayāt al-Aʿlām (276), al-ʿIbar (5/260), Fawāt al-Wafayāt (2/350-352), Ṭabaqāt al-Sibkī (5/80), Ṭabaqāt al-Isnawī (2/197), al-Nujūm al-Zāhira (7/208), Ḥusn al-Muḥāḍara (1/314 et 2/161) et Shudhara al-Dhahab (7/522-524).
(10) Non présent dans T., corrigé à partir de A, B et ses autres sources.
(11) D’après T. seul.